Lorsqu’il s’inscrit dans la démarche il y a trois ans, l’éleveur produit 0,98 kg de CO2 par litre (kg CO2/l) de lait. Du fait d’un agrandissement et d’une augmentation de son nombre d’animaux, il dépasse maintenant 1 kg CO2/l de lait.

« L’intensification fait qu’on produit plus de matière organique ; donc notre bilan d’azote est moins bon qu’il y a trois ans. Mais globalement on n’épand pas plus de fumier sur nos terres, c’est réparti différemment et une partie est maintenant exportée », analyse Patrick D’Hondt.

Atteindre 0,58 kg CO2/l dans trois ans

Maintenant que son élevage a atteint une taille de croisière avec des bâtiments au maximum de leur capacité, l’éleveur espère atteindre un niveau de 0,85 kg CO2/l de lait à l’horizon des trois prochaines années. Si l’éleveur s’est inscrit dans cette démarche, c’est pour améliorer l’image de son métier, notamment face aux questions que lui posent ses clients en vente directe.

Pour atteindre ces résultats, Patrick D’Hondt a mis en place plusieurs actions. La première s’est jouée sur l’alimentation du troupeau. L’éleveur a troqué le soja d’Amérique du Sud contre du colza européen. Il économise ainsi l’empreinte carbone du transport. La cerise sur le gâteau, c’est l’aspect économique. Lors des deux dernières années, le colza lui a coûté moins cher que s’il avait acheté du soja.

Respecter systématiquement les reliquats azotés

L’éleveur a également revu sa stratégie de fertilisation minérale du maïs, avec l’aide de la chambre d’agriculture. « On va respecter les reliquats azotés systématiquement et on va utiliser des engrais starter dans les maïs puisqu’on a vu que surfertilisé ne nous faisait pas gagner de rendement », explique l’éleveur.

Maintenant que l’exploitation a atteint une taille de croisière, il projette également de s’intéresser au système de pâturage des génisses. « On a réimplanté quelques hectares de prairies », ajoute l’éleveur.

Tanguy DhelinJournaliste web