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Valoriser le lait d’un groupe de producteurs

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Communication. « Nous assurons régulièrement des animations © F. Jacquemoud

Les trente producteurs de Cant’Avey’Lot commercialisent eux-mêmes leur lait UHT et leurs produits transformés en grande distribution.

L’association Cant’Avey’Lot a fait bien du chemin depuis sa création, en 2010, par vingt-six producteurs laitiers, abandonnés par l’industriel espagnol Leche Pascual qui a stoppé ses collectes.

Implantés sur un rayon de 25 km, dans le Lot, le Cantal et l’Aveyron, ils se sont regroupés pour commercialiser eux-mêmes leur lait sous la marque Vallée du Lot. Six ans après, le groupe compte trente exploitations et l’association a été transformée en coopérative. « Nous avons aussi fait évoluer la marque car n’importe qui peut utiliser l’expression Vallée du lot, ce qui ne permet pas de la protéger », indique Jean-Philippe Vayre, producteur et vice-président en charge de la commercialisation. Aujourd’hui, les produits sont vendus sous l’étiquette « Les 30 fermes de Cant’Avey’Lot ». Les éleveurs produisent 10 millions de litres (Ml) de lait par an, dont 8 Ml sont vendus en lait UHT. L’ensemble de la production est tracé et sous label « Bleu-Blanc-Cœur », avec un taux d’oméga-3 garanti.

Les vaches prim’holsteins et montbéliardes passent une grande partie de l’année au pré et ont droit, l’hiver, à un apport en graines de lin extrudées. « Nous avons diversifié nos assolements pour implanter beaucoup de luzerne pour l’alimentation des laitières, poursuit Jean-Philippe. Le fait de travailler sous label a un coût, mais nous le récupérons sur les frais de vétérinaire qui ont baissé de 30 % en six ans, car les bêtes sont en meilleure santé. »

Le lait est conditionné par la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH) dans l’Indre, qui assure la stérilisation du lait UHT, son conditionnement et la livraison des grandes surfaces clientes de Cant’Avey’Lot.

Le lait excédentaire

Jusqu’en 2015, les éleveurs vendaient leurs 2 Ml de lait excédentaires sur le marché spot, ce qui avait un impact négatif sur le prix moyen obtenu. Depuis un an, ils les livrent à la coopérative de Saint-Bonnet-de-Salers (Cantal), qui les transforme en 200 t de tomme. Celles-ci sont achetées par la Maison Carrier, à Almont-les-Junies (Aveyron), pour en faire de l’aligot. « Nous venons de reprendre ce commerce à notre compte pour proposer une gamme plus vaste de produits à nos clients et mieux les valoriser », précise le vice-président. La coopérative vient aussi de lancer le fromage Le Mirabel, affiné 45 à 250 jours, et teste des yaourts nature et vanille dans 200 magasins Franprix de Paris.

Les agriculteurs rencontrent régulièrement les distributeurs et assurent des animations en magasins. Dès le départ, ils ont été référencés dans 600 Franprix parisiens et dans la plupart des enseignes du Sud-Ouest. En 2015, ils ont investi 1,4 million d’euros dans un bâtiment de 1 300 m² et deux tanks de 50 000 litres qui réceptionnent chaque jour le lait collecté par la coop. Si les ventes de yaourts décollent, ils pourront rapidement être fabriqués sur le site, ainsi que la tomme. Cant’Avey’Lot compte aussi recruter, d’ici à deux ans, de nouveaux producteurs.

Florence Jacquemoud
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

« Une fois notre filière lait en place, nous avons diversifié nos produits et nos clients, pour sécuriser nos débouchés », explique Jean-Philippe Vayre.

Lait UHT : 8 Ml de lait vendus par an, dont 7 Ml écrémé et 1 Ml entier. 70 % sont vendus en brique et 30 % en bouteille plastique d’un litre (bientôt 50/50).

Diversification : 2 Ml sont transformés en tomme, fromage, aligot et yaourts.

Prix : tous les produits sont vendus au même prix à tous les distributeurs.

Valorisation : le lait UHT est valorisé à 410 €/1 000 litres payés aux producteurs. La moyenne annuelle du prix du lait est de 350 €/1 000 litres.

Création d’emplois

La coopérative, qui réalise 6 M€ de chiffre d’affaires, a créé cinq emplois : un responsable du site de Bagnac-sur-Célé (Lot), une commerciale, une secrétaire et deux chauffeurs qui collectent le lait des trente fermes.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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