Sébastien Jourde est agriculteur. Et fonctionnaire. Embauché en CDD par la municipalité, il a été titularisé. Sur le papier, il est cadre technique de la fonction publique. Sur le terrain, chef d’exploitation. Il ne compte pas ses heures, même le week-end, mais il a des vacances. Avec deux salariés, il cultive les 6 ha de la régie agricole pour fournir des légumes aux cantines. Cet ancien salarié d’une exploitation maraîchère connaît le métier. Il établit ses plans de production avec des avantages : il sait à l’avance les volumes à produire, est assuré du débouché et n’est pas soumis à la volatilité des prix, des intrants comme des produits (son salaire est fixe). La commune a investi plus d’un million d’euros dans le foncier et le bâti et 80 000 € en équipements. Le coût de fonctionnement est passé de 40 000 €/an à 80 000 €/an avec la montée en puissance de la production et l’embauche de deux autres salariés. « Les légumes sont un peu plus cher que s’ils étaient achetés à un grossiste bio, admet Gilles Pérole. Les producteurs méritent ce salaire. »

La régie a été créée par défaut « parce qu’il n’y avait pas d’offre face à notre demande ». Mais elle a vocation à durer, même si des agriculteurs se réinstallent. « Nous ne serons pas concurrents, mais clients sur des produits comme les œufs. Nous ne priverons les maraîchers d’aucun débouché car nous refusons de vendre notre production. » Et la régie est « un super support éducatif ». Pas seulement pour les élèves et les familles : les élus ont appris à reconnecter alimentation et agriculture. Et compris les impératifs et les aléas de la production.