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Un partenariat local avec la grande distribution

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Plus-value. « 50 000 € de plus-value sont revenus dans nos sept élevages en 2017 », se félicite l’éleveur Jean-Philippe Nivost (à g.), ici aux côtés de André Huguet, patron de l’hypermarché du Breuil. © a. B.

Pour mieux valoriser la viande de leurs charolaises, des éleveurs de Saône-et-Loire s’associent avec l’hypermarché local.

«Nous avons commencé en 2012 avec une bête tous les dix jours, indique Jean-Philippe Nivost, l’un des sept éleveurs impliqués dans le partenariat développé avec le Leclerc du Breuil (1). En 2017, nous en avons vendu deux cent trente, avec une plus-value de 0,30 à 0,80 euro le kg par rapport à la grille Centre-Est d’Agrimer. Ce sont des bêtes lourdes, de 475 kg de carcasse en moyenne. »

La valorisation des animaux dépend du type, de l’âge, ainsi que du rayon : boucherie traditionnelle ou libre-service. Les génisses et jeunes vaches de moins de quatre ans bien conformées sont commercialisées dans le rayon boucherie traditionnelle. Les vaches de quatre à neuf ans (R = et U-) sont destinées au libre-service. La viande y est présentée dans des barquettes noires, sous une simple étiquette mentionnant « Producteurs locaux ».

Achat de bêtes entières

Avec ses onze salariés, le rayon boucherie de l’hypermarché a réalisé trois millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017. « Nous n’achetons que des bêtes entières et nous ne travaillons que des carcasses, précise André Huguet, le patron du magasin. Cela donne un intérêt au métier et facilite le recrutement de professionnels. L’été, pour valoriser les avants, nous fabriquons des merguez et des brochettes haut de gamme. Nous avons la chance d’être dans une zone rurale, où les gens ont encore l’habitude de cuisiner. »

Le rayon traditionnel valorise aujourd’hui 35 % des bovins que l’hypermarché achète, contre 15 % il y a six ans. « Il tire l’ensemble du rayon boucherie en avant, constate le distributeur. Pour Noël, nous avons eu près de trois cent cinquante commandes. » Les relations avec les bouchers sécurisent les consommateurs, qui sont en permanence déstabilisés par le viande bashing. Lors des ventes en promotion réalisées dans le rayon traditionnel, les prix de la viande ne sont pas abaissés. Les clients reçoivent un bon d’achat à utiliser à leur guise dans le magasin.

Mais la confiance ne s’est pas installée d’emblée et les bons ajustements pour travailler ensemble n’ont pas été trouvés tout de suite. Les premières réunions ont été tendues. Les protagonistes s’étaient rencontrés dans le cadre d’une manifestation d’éleveurs. À l’époque, le magasin s’approvisionnait auprès de l’abattoir du groupe Leclerc de Kermené, en Bretagne. Aujourd’hui, il s’approvisionne à 100 % en charolais, dans un rayon de 10 kilomètres.

Anne Bréhier

(1) L’hypermarché de 5 000 m² a réalisé, en 2017, un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros (hors carburants, mais drive compris).

Proximité et transparence

Les animaux issus de troupeaux allaitants, élevés à l’herbe, sans ensilage mais avec du fourrage sec pour l’engraissement, sont achetés de gré à gré par un chevillard de l’abattoir d’Autun, à une trentaine de kilomètres. Ils sont annoncés au planning deux à trois mois à l’avance. « La proximité a un impact positif sur le rendement des animaux, se félicite Jean-Philippe Nivost. Nous gagnons un à deux points supplémentaires. »

Une association regroupant les éleveurs, le magasin et le chevillard a été constituée en 2015. Un contrat précise les engagements de chacun. Chaque trimestre des statistiques par éleveur sont établies. On peut y lire le nombre de bêtes achetées, leur type, la moyenne des poids et des prix d’achat, les notes de couleur, d’engraissement et de tendreté.

Trois autres groupes

Des partenariats ont été noués avec trois autres hypermarchés du département. À chaque fois, les éleveurs discutent directement avec le responsable du magasin et le chef boucher. Ils se mettent d’accord sur le type et la qualité des animaux à livrer, ainsi que des conditions de rémunération.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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