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Un drive fermier pour remplacer le marché

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Covid-19 - Un drive fermier pour remplacer le marché
En plus de leurs 160 clients réguliers du marché, le drive fermier a ramené 80 nouveaux clients aux neuf producteurs du groupe Cagette d’Auch. © B. Lafeuille.

Grâce au kit d’urgence proposé par Cagette.net, neuf producteurs ont monté un drive après la fermeture du marché d’Auch (Gers).

Avant le 23 mars, Audrey Bourrust était présente tous les jeudi et samedi sur le marché d’Auch, pour y vendre les produits de son élevage de porcs noirs gascons. Quand le marché a fermé, il a fallu réagir vite. « Avec huit copains présents aussi sur le marché, on s’est regroupés pour organiser des livraisons à domicile dès le samedi suivant, raconte-t-elle. Mais on n’a tenu qu’une semaine ! Avec nos journées de travail à rallonge, on s’est retrouvés avec cent clients à livrer en une journée et on n’a pas de secrétaire pour prendre les commandes ! »

Cherchant une solution de secours, elle tombe sur le « kit d’urgence » proposé par Cagette.net, qui permet de créer gratuitement et rapidement un groupe de commandes en ligne. Un outil « hypersimple, avec un super service d’aide par visioconférence ». Trois jours après leur première et dernière tournée de livraison à domicile, les neuf producteurs y créent un groupe pour une livraison sur Auch le samedi suivant. « On en a parlé à nos clients habituels et on a eu 80 commandes le premier samedi, 160 celui d’après, et maintenant on a 240 commandes par semaine », témoigne Audrey. Impossible à gérer sans outil adéquat.

240 commandes à gérer

« Avoir 240 clients qui vous appellent chaque semaine pour commander une douzaine d’œufs ou 1 kg de carottes, c’est impossible. Là, on reçoit un récapitulatif des commandes faites par chaque client. Tous nos stocks sont affichés, donc on ne risque pas de vendre virtuellement des produits qu’on n’a plus. Et en un clic, on peut envoyer un mail à tous les clients du groupe pour leur signaler l’arrivée d’un nouveau produit, par exemple. »

L’éleveuse tient à souligner le rôle crucial joué par la municipalité : « Tout a été possible parce qu’elle nous a trouvé en deux jours un lieu sécurisé et clôturé pour accueillir le drive. » Les clients commandent et payent en ligne et se présentent à l’horaire indiqué, sans descendre de voiture. Un agriculteur charge les coffres.

Comme eux, plus de 1 000 producteurs se sont inscrits sur cagette.net depuis le début du confinement. Le logiciel, développé par la Scop (1) Alilo, est gratuit à l’utilisation, mais il est normalement réservé aux agriculteurs ayant suivi une formation sur la vente en ligne. « La Scop est un organisme de formation, explique l’un des cofondateurs, Sébastien Zulke. Mais au début de la crise, on a décidé de créer un “kit d’urgence” permettant un accès immédiat et gratuit à notre outil. » Ceux qui veulent rester dans le réseau cagette après la crise seront invités, à terme, à suivre la formation.

Sans hésiter, ce sera le choix d’Audrey. « Cagette nous a permis de maintenir notre chiffre d’affaires, voire même plus. Et cela en vendant au même prix que sur le marché, puisqu’on a bénéficié gratuitement du kit d’urgence. » Comme ses collègues, elle a hâte de retrouver les halles du marché, qui doit rouvrir le 12 mai. L’accompagnement de la mairie au drive fermier va se terminer, « mais l’aventure avec Cagette continue, assure-t-elle. Sur nos 240 commandes régulières, 80 viennent de nouveaux clients arrivés grâce au drive. Ce sont des gens qui ont du mal à se déplacer pour aller au marché. Ils nous ont permis de vivre et faire vivre nos fermes, donc nous mettons tout en œuvre pour trouver un lieu en ville afin de les livrer un soir par semaine. Ils pourront ainsi continuer à passer leurs commandes en ligne sur le groupe Cagette. »

Bérengère Lafeuille

(1) Société coopérative de production.

Flexible et gratuit

Drive, vente à la ferme, vente aux professionnels… « On peut faire ce qu’on veut avec cet outil hyperflexible », résume Samuel Valy, maraîcher installé près de Montpellier, et ambassadeur de cagette.net, dont il est adepte depuis deux ans. « On crée sa ferme, sa base de produits, on les relie à un ou plusieurs catalogues et un ou plusieurs points de vente. On peut , par exemple, avoir un catalogue pour les magasins ainsi qu’un autre pour la vente directe avec des prix différents. » Le logiciel est gratuit (1), mais il est normalement réservé aux agriculteurs ayant suivi une formation (pas seulement sur la prise en main de l’outil mais aussi sur la vente en ligne). Elle coûte 1 080 euros TTC et peut être financée par Vivea.

(1) Des frais bancaires s’appliquent toutefois sur le paiement en ligne, s’il est activé par le producteur.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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