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« Une transition en douceur vers le semis direct »

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Direct. Aurélien Chancenotte (à g.), accompagné de son apprenti Félix Bernadet, est appuyé sur le semoir New Holland déplié en position travail © photos : H. etignard.

Aurélien Chancenotte est passé en semis direct afin de mieux contrôler l’érosion des sols. Il a investi dans un semoir pneumatique d’origine brésilienne.

«Avant de semer nos céréales en direct, nous avons réalisé des analyses de sol et équilibré le pH. Cela nous a demandé 5 ans de travail, en broyant les pailles et en chaulant nos parcelles. Nous voulions être le mieux préparés possible afin que cela fonctionne dès le début », explique Aurélien Chancenotte. Installé avec son épouse Aurélie en exploitation de polyculture-élevage, il élève un troupeau allaitant et cultive 400 ha de céréales à Romain, dans le Jura.

La vitesse de semis, clé de la réussite

« Notre transition vers le semis direct a été longue. Par chance, nous disposons de l’expérience de plus de dix ans d’un grand nombre d’exploitations utilisant cette technique en Franche-Comté. » Une fois les parcelles prêtes à être implantées en direct, Aurélien a investi dans son premier semoir direct en octobre 2014. Il a choisi un Semeato pneumatique de 4,50 m de large, commercialisé par New Holland. Un semoir de fabrication brésilienne bien connu en France. « La première année, nous avons semé uniquement la moitié de nos blés en direct. Pour l’autre moitié, nous sommes restés sur nos gardes en conservant notre technique culturale simplifiée. Résultat : les rendements ont été très bons et équivalents aux semis en TCS », commente l’agriculteur.

En simplifié, la terre est travaillée avec un déchaumeur de type « Discomulch » de chez Agrisem. Le semis est réalisé en combiné herse rotative + semoir de 5 m. Si les rendements sont équivalents, les parcelles semées en direct sont beaucoup plus propres. « Derrière le blé, nous avons semé un soja et désherbé la parcelle avec 0,8 l/ha de glyphosate. Nous semons à 5 ou 6 km/h. Pour nous, la vitesse est la clé de la réussite », précise Aurélien. La consommation moyenne est de 7 à 8 l/ha, pour un rendement de chantier de 2,5 ha/h. « Nous utilisons un tracteur de 200 ch car nous avons des coteaux, mais 150 suffiraient. »

330 kg par élément

Le semoir pèse 8 tonnes à vide, et une fois les deux trémies de 1 500 l remplies, le poids dépasse facilement les 10 t. Au travail, il repose sur deux grandes roues latérales. Chaque trémie est dotée d’une régulation indépendante. « Il est ainsi facilement possible de moduler la dose de l’une par rapport à l’autre. Ceci dans le cas d’un mélange de graines ou si nous fertilisons au semis », explique Aurélien. L’étalonnage est assez simple. Puis le semoir se contrôle en cabine à l’aide d’un écran tactile. La distribution pneumatique à entraînement électrique alimente les 26 éléments. Ces derniers se composent d’un double disque ouvreur dont la pression maximale est de 330 kg. Un flasque fixé sur le côté du disque assure la profondeur de semis. Derrière, une roue biseautée en acier referme le sillon.

« Nous semons toutes nos céréales, ainsi que les couverts, avec le New Holland. » La rotation de culture est colza, blé, soja, maïs et parfois orge. Le maïs est implanté avec un semoir de précision et bien souvent en monoculture sur des terres limoneuses. « Nous avons un recul de seulement deux années en semis direct, mais assez pour nous rendre compte du changement. Nos terres se ressuient plus rapidement. Nous arrivons à bien contrôler le pH et à limiter le lessivage des terres. Quant aux charges, nous les avons fortement diminuées (MO, mécanisation…). »

Henri Étignard
Le semoir PS2045 en détail

Cinq détails en photos.

Régulation. La régulation est à entraînement électrique. Plusieurs tailles de cannelures répondent aux différents types de graines.
Double. La distribution est dotée de deux têtes de répartition, soit une par trémie. Chaque tête alimente un élément semeur. Cette technique offre la possibilité de réserver une trémie pour de l’engrais et une pour la semence.
Commandes. Le semoir est géré via l’écran tactile. Il apporte toutes les informations nécessaires comme la dose de semis réglée, les surfaces…
Masse. Pour les conditions très sèches, le Semeato peut être lesté de masses installées dans le cadre du châssis. Au maximum, le poids par élément est de 330 kg.
Attelage. Le semoir est attelé sur le relevage du tracteur. Au transport, il se replie en long, reposant sur un chariot intégré.
Éléments. Un double disque en forme de « V » ouvre le sol avec une pression de 330 kg. La graine est déposée, puis le sillon est refermé par une roue en acier.
Texture. Les parcelles de l’exploitation sont majoritairement à texture argilo-calcaire. Le semis est réalisé à l’aide du guidage par satellite.
Rangées. Le semoir compte 26 éléments espacés chacun de 17,3 cm. Ils sont répartis sur deux rangées.
Profondeur. Interchangeables, les flasques fixés aux disques ouvreurs contrôlent la profondeur de semis.
New Holland PS2045

    Largeur : 4,50 m.

    Trémies : 2 de 1 500 l.

    Eléments semeurs : 26 à double disque ouvreurs.

    Pression maximale par élément : 330 kg.

    Régulation : électronique.

    Distribution pneumatique : à entraînement électrique.

    Taille de graines : depuis le colza jusqu’au soja.

    Poids à vide : 8 t.

    Largeur au transport : moins de 3 m.

Un semis sous couvert végétal permanent

Afin de structurer les sols et de limiter l’érosion du terrain, Aurélien Chancenotte a implanté ses parcelles sur un couvert permanent à base de lotier. Cette légumineuse apporte de l’azote au sol, renforce sa vie microbienne et offre une couverture intégrale. « Nous sommes capables de semer n’importe quelle graine à n’importe quelle profondeur et dans n’importe quelle condition. » Le semoir est doté de deux vérins hydrauliques associés à des ressorts pour apporter cette pression. Elle est ajustable via 5 butées mécaniques positionnées au niveau de la tige des vérins.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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