Après le robot de traite et la vache prête à vêler, ce sont bientôt vos cultures qui vous enverront des SMS à toute heure du jour et de la nuit. Des chercheurs de l’université américaine MIT (Massachusetts Institute of Technology) ont mis au point des capteurs microscopiques capables de détecter le stress des cultures et de déterminer leur origine.

Des capteurs dans les feuilles

Ces nanocapteurs en carbone sont injectés dans les feuilles où ils détectent les émissions de peroxyde d’hydrogène (H2O2). Les plantes utilisent ce composé chimique pour communiquer à l’intérieur de leurs feuilles. Elles envoient ainsi un signal de détresse qui stimule la production de composés qui aident à combattre l’agression, qu’il s’agisse d’un insecte, d’une maladie ou d’une carence. Les capteurs détectent l’émission de peroxyde d’hydrogène et transmettent l’information à une intelligence artificielle qui est capable de déterminer l’origine du stress.

Une solution peu coûteuse

La solution a été testée sur des plants de fraises, d’épinards, de laitues, de cressons et est en cours sur maïs. Pour communiquer leurs informations, les capteurs émettent une fluorescence dans l’infrarouge. Ce signal est récupéré par une petite caméra disponible dans le commerce et connectée à un Rasperry Pi. Ce mini-PC, qui coûte moins de 35 euros, a été conçu à l’origine pour apprendre la programmation aux écoliers.

L’ensemble caméra et PC coûte moins de 100 euros. Pour les chercheurs du MIT, l’objectif est qu’une fois le stress analysé et sa cause déterminée, l’agriculteur reçoive un SMS pour l’avertir d’une attaque d’insectes, d’un stress hydrique ou du début de développement d’une maladie. Avec ce dispositif, la détection et donc l’intervention pourront être beaucoup plus précoces qu’avec une simple observation à l’œil nu lors d’un tour de plaine.

Corinne Le Gall