Après avoir terrorisé des millions de spectateurs dans le film « Le silence des agneaux », le sphinx à tête de mort pourrait se racheter une réputation en venant en aide aux agriculteurs. Comme plusieurs papillons de nuit, ce lépidoptère est pressenti pour intégrer une armée d’insectes capables de larguer des capteurs dans les champs.

Un capteur de 98 mg

L’idée peut paraître saugrenue, mais elle fait l’objet de tests à l’Université de Washington (États-Unis). L’objectif des chercheurs est de mettre en place une colonie de capteurs dans des endroits peu accessibles comme une parcelle en culture, des pâturages de montage ou même des zones rendues dangereuses par les conditions climatiques.

Le largage aérien suppose que le capteur soit à la fois léger et résistant pour supporter une chute de plus de 20 mètres de hauteur. La solution actuellement en test pèse 98 mg et embarque des capteurs capables de mesurer humidité et température pendant 5 ans.

Papillon ou drone miniature

Le capteur est attaché sur l’abdomen du papillon au moyen d’un système d’aimant et de bobine électrique. Le largage est déclenché par un courant électrique qui traverse la bobine. Le champ magnétique ainsi généré repousse le capteur et entraîne sa chute. L’agriculteur envoie le signal au dispositif de largage par Bluetooth.

En plus de leur armée de papillons, les chercheurs testent aussi le largage par minidrone, qui s’avère nettement plus coûteux sans apporter plus de précision. Au cours des prochains mois, leur recherche s’orientera vers le processus de récupération des capteurs une fois leur batterie épuisée.

Corinne Le Gall