À l’origine du drone effaroucheur, il y a, chez Dorian Blot, le croisement des passions : l’agriculture, le modélisme, la robotique et l’aviation. La réalisation de vidéos puis l’observation des dégâts sur ses 200 ha, et la prévention contre les nuisibles furent les déclencheurs pour le développement d’un quadracoptère.

Le résultat est la conception d’un drone effaroucheur dès 2010, puis d’un robot. « L’idée d’origine est que la solution soit mobile, efficace, et qu’elle n’engendre pas d’accoutumance, décrit Dorian. Les oiseaux s’habituent à des solutions telles que les canons à gaz. Ceux-ci sont peu compatibles avec le voisinage et il y a des vols. »

La télécommande se veut simple. Quatre commandes permettent de contrôler tous les paramètres du vol. © Vincent Gobert

Dorian a conçu l’appareil en tenant compte d’un cahier des charges exigeant qu’il a lui-même fixé. « J’ai donné au drone une allure de prédateur, avec une tête de faucon, explique-t-il. J’ai aussi disposé plusieurs lumières Led sur les ailes et sous le ventre du drone, avec des couleurs différentes. De cette façon, les oiseaux le voient bien en journée. Enfin, des infrasons et une sirène émettent à la demande des sons différents jusqu’à 105 dB. Je travaille aussi sur un système de flashs qui se verrait bien de jour. » Dorian fabrique tout et fournit les pièces. La tête est fabriquée à l’aide d’une imprimante 3D. Il a déjà vendu cinq modèles.

Des idées plein la tête

Le principe du drone est, depuis un an, repris sur un robot. « Il y a de la demande pour un appareil autonome, affirme Dorian. Je développe le robot pour que l’agriculteur n’ait pas à s’en occuper. Il peut être autonome sur toute une journée, avec un parcours sur une zone prédéfinie. Tout est paramétrable. Un essai, réalisé avec Terres Inovia sur du tournesol au printemps, a bien fonctionné. Le châssis est terminé, il reste à peaufiner l’électronique.

Le robot effaroucheur évolue automatiquement dans la parcelle. © Vincent Gobert

En ce qui concerne l’effarouchement, le robot est équipé d’un dispositif sonore développé par AviProTech, et installé sur le dessus de l’appareil. » Un mouchard assure la sécurité du robot. Une télécommande sert à le déplacer. Il devrait bientôt être commercialisé et mis en location.

Vincent Gobert