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« Notre pailleuse est autonome et distribue aussi la ration »

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Maritxu Ruspil, encadrée par Xalbat Ourthiague, son salarié (à g.), et Rémi Nolorgues, l’installateur de l’automate, économise une heure trente d’astreinte quotidienne. © Photos : L. Coassin

Maritxu et Christophe Ruspil se sont libérés de l’astreinte du paillage en confiant cette tâche à une pailleuse automatique.

Il y a des tâches dont on aimerait se passer. Le paillage est l’une d’entre elles. Chronophage, elle mobilisait quotidiennement Maritxu et Christophe Ruspil durant une heure trente. « Outre le temps passé, le besoin de libérer de la main-d’œuvre et la pénibilité de l’opération posaient un problème, racontent ces éleveurs de six cents brebis lacaunes au Pays basque. Utiliser une pailleuse à turbine pour mécaniser l’opération aurait allégé le travail, mais aurait toujours nécessité la présence de deux personnes vu la configuration de notre bâtiment. De plus, le temps alloué aurait été à peine réduit. Il y a quelques années, nous avons donc investi dans des pailleuses autonomes EHB. »

Pas de changements pour le bâtiment

Celles-ci prennent place au-dessus de chacun des trois tapis d’alimentation qui traversent la stabulation. Elles s’appuient sur les cornadis longeant les tapis. Ces derniers font office de rails sur lesquels la machine va et vient pour épandre la matière sur toute la surface. « Nous n’avons pas eu besoin de modifier la structure du bâtiment pour accueillir les trois machines. Seuls quelques ajustements ont été réalisés pour les relier avec les cellules d’aliments, afin de distribuer également les rations », explique Maritxu Ruspil.

« Nous n’avons qu’à poser la botte sur le quai de la machine avec le chargeur, couper les ficelles, choisir la quantité à apporter et lancer le processus. Pour l’aliment, il suffit de sélectionner parmi les huit rations enregistrées », soulignent les éleveurs.

Compatible avec plusieurs­ fourrages

Une fois lancée, la pailleuse avance sur les rails. La botte est poussée vers trois rotors à pales. Ces derniers sont entraînés par un moteur électrique de 5 ch et pourvus de sections pour découper la balle. Assemblés sur le même palier vertical l’un au-dessus de l’autre, ils tournent toutefois à des vitesses différentes. Cette configuration permet de répartir la paille en quantités égales sur toute la largeur d’épandage.

Avec le mouvement des rotors et les pales de ces derniers, la matière est propulsée sur les côtés à travers deux ouvertures. Si l’agriculteur ne souhaite pailler qu’un seul côté de sa stabulation, une porte referme automatiquement un des orifices. « La qualité de la paille à la sortie de l’appareil et le niveau de poussière que cela engendre sont satisfaisants », confient les exploitants.

Pour faire varier la quantité de paille apportée, la machine accélère ou ralentit sur les rails. Si l’engin est avant tout développé pour la paille, les autres matières ne sont pas délaissées. « Pendant la période de tarissement des brebis, nous préférons utiliser du foin. La pailleuse est, à cet effet, adaptée pour prendre en charge ce fourrage », rapportent Maritxu et Christophe Ruspil.

Tout-en-un

Toujours pour la polyvalence, des trémies sont disposées à l’avant du châssis. Au nombre de trois, elles communiquent directement avec les cellules à l’extérieur. Chacune contient un aliment et un doseur pour composer la ration. Elles se remplissent automatiquement. En fonction des indications de l’éleveur, la machine avance sur les rails en distribuant les aliments qui composent la ration sur le tapis qu’elle surplombe. Si besoin, l’utilisateur peut configurer jusqu’à quatre rations différentes le long du tapis.

La distribution de la nourriture et le paillage peuvent, par ailleurs, être programmés à l’avance. Cependant Maritxu et Christophe Ruspil préfèrent être présents et lancer manuellement la machine afin d’adapter les réglages aux conditions. « Nous avons tout de même gagné du temps et du confort de travail. Il suffit d’appuyer sur quelques boutons pour se libérer de ces contraintes », se satisfont-ils.

Loris Coassin

L’automate s’appuie sur la partie supérieure des cornadis. Ceux-ci font office de rails. L’engin avance en projetant la paille de chaque côté.
1. Pour pailler l’ensemble du bâtiment, autant de machines sont nécessaires que de mangeoires, à savoir trois. Une seule botte peut être­ chargée sur le quai.
3. La pailleuse est pilotée depuis une armoire tactile. Les éleveurs sélectionnent les quantités de litière à apporter ou la ration à distribuer en quelques clics.
2. Rotors et distributeur d’aliment prennent place sur la partie avant du châssis de la machine. Les hélices sont assemblées sur un palier vertical. Elles tournent à des vitesses différentes.
Conçu par un éleveur

Cet automate de paillage a vu le jour dans une ferme de l’Aveyron. Henri Bonnefous, son inventeur, est éleveur de brebis laitières. Il a conçu et construit le prototype de sa machine pour s’affranchir de la contrainte du paillage. C’est ainsi qu’est née la marque EHB, sous laquelle il commercialise son appareil.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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