La France devrait bientôt pouvoir compter sur une importante infrastructure publique au service du développement de la robotique. Le projet s’appelle Tirrex, pour Technological Infrastructure for Robotics Research of Excellence, soit infrastructure technologique pour l’excellence de la recherche en robotique. Il comprendrait à la fois des plateformes numériques et physiques. L’objectif est de favoriser la recherche publique et l’excellence française en robotique.

Pour ce faire, les chercheurs pourraient notamment compter sur un accès libre et normalisé à des données, logiciels et publications scientifiques. Plus largement, il s’agit d’offrir les meilleures conditions possible aux experts français en la matière, via du partage de matériel et de compétences.

Unir les forces

Tirrex est coordonné par le CNRS (1) et regroupe les acteurs majeurs de la recherche académique française en robotique que sont l’Inria (2), le CEA (3) et l’Inrae. Au total, le projet regroupe 32 laboratoires, dont 23 en tant que partenaires majeurs des plateformes. Cela représente plus de 750 personnes qui travaillent sur le développement de la robotique, dont 200 experts, enseignants-chercheurs ou ingénieurs.

Chiffré à 41,6 millions d’euros, Tirrex bénéficie du soutien du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, mais aussi du ministère des Armées. À cela s’ajoutent des groupes de recherche et associations telles que RobAgri et des industriels comme Airbus, PSA, Renault, Safran, Bouygues ou Thales par exemple.

Six axes thématiques guident le projet :

  • Robotique humanoïde ;
  • Robotique XXL ;
  • Micro-nano robotique ;
  • Robotique terrestre autonome ;
  • Robotique aérienne ;
  • Robotique médicale.

Concrètement, la jeune plateforme AgroTechnoPôle, située à Montoldre, dans l’Allier, qui accueille déjà quelques spécimens de robots agricoles, va prendre de l’ampleur. Elle va accueillir des robots en tous genres pour réaliser des expériences, des tests et du développement technique.

Des perspectives pour l’agriculture

Le positionnement stratégique de l’Inrae et de Robagri dans le projet Tirrex, ainsi que la définition de la robotique terrestre autonome comme un axe prioritaire ouvrent de perspectives pour les agroéquipements robotisés.

La France est déjà placée sur la carte mondiale de la robotique agricole, notamment grâce au Fira (Forum international de la robotique agricole) et à quelques entreprises pionnières en la matière, telles que Naïo technologies, Vitibot ou Sitia.

La place de l’Hexagone en la matière pourrait être renforcée grâce à cette initiative.

Gildas Baron

(1) Centre national de la recherche scientifique.

(2) Institut national de recherche en informatique et en automatique.

(3) Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.