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Rechapage : une alternative aux pneus bas de gamme

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Test. Les pneumatiques rechapés sont soumis aux mêmes tests que les pneumatiques neufs. © r.serai

Comme les pneumatiques neufs, les rechapés doivent répondre à des normes de qualité qui garantissent leur sécurité.

Sa mauvaise réputation lui colle à la gomme ! Lui, c’est le pneumatique rechapé, un pneumatique usagé remis en service après une mise à niveau. On leur reproche souvent, en particulier dans l’automobile et le poids lourd, d’être un peu moins performants en termes de freinage à grande vitesse. Un problème qui ne se pose pas en utilisation agricole.

Un procédé sophistiqué

De plus, avec la volonté de réduire les charges de mécanisation pour faire face aux difficultés économiques des exploitations, l’utilisation de pneumatiques rechapés apparaît comme une alternative intéressante aux pneus à très bas coût fabriqués en Chine, dont la qualité laisse souvent à désirer. On peut envisager un prix de 40 % inférieur à un modèle neuf avec un pneumatique rechapé.

Le rechapage est une technique qui permet de remplacer la bande de roulement et les flancs d’un pneumatique lorsqu’ils ont atteint leur limite d’usure. Même si on peut apparenter le rechapage à un procédé de recyclage, il s’agit davantage d’une solution de refabrication. D’ailleurs, la plupart des opérations de rechapage s’effectuent sur les mêmes chaînes que la fabrication de pneumatiques.

Le procédé employé par ABR sur les pneus commercialisés par Casenave est décrit ci-dessous. Il consiste tout d’abord à supprimer la partie endommagée pour la remplacer par une gomme neuve, des renforts et une nouvelle nappe. Comme pour un pneumatique neuf, le dépôt de la gomme neuve est manuel. Les moules utilisés pour la vulcanisation sont aussi ceux des pneus neufs, la forme des crampons sera donc identique à celle des pneumatiques d’origine. Pour certains, en particulier dans l’automobile, il est possible de réutiliser une carcasse jusqu’à quatre fois.

Des caractéristiques préservées

Le fait de rechaper un pneu ne modifie par les propriétés de la carcasse. Il est donc possible de retrouver les mêmes performances que celles du pneumatique d’origine, en termes de résistance au roulement, d’adhérence et de résistance à l’abrasion, à condition de ne pas l’utiliser en conditions extrêmes. Les pneus rechapés sont soumis aux mêmes règles de sécurité et tests de performance que les pneumatiques neufs. Ils doivent, en outre, porter la mention « Retread » (rechaper en anglais) ainsi que le numéro d’homologation, les caractéristiques habituelles (dimensions, indice de vitesse…) et la date de fabrication. Depuis 2002, les pneus rechapés sont soumis aux normes européennes ECE 108 et ECE 109, applicables au processus de rechapage et à la qualité finale du produit. Le montage de pneumatiques conformes à ces normes est donc parfaitement légal et ne met pas en péril une éventuelle garantie sur le tracteur ou l’engin traînés. Enfin, le rechapage selon ces normes est souvent réalisé dans des entreprises françaises ou européennes, un argument à prendre en compte quand on sait que la concurrence au même prix vient de Chine. Enfin, comme dans l’automobile, il est possible de faire rechaper ses propres pneumatiques en se mettant directement en contact avec un prestataire spécialiste de la technique.

Corinne Le Gall
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Des agriculteurs peu convaincus

Un sondage réalisé sur le site lafranceagricole.fr montre que le rechapage est encore bien loin d’être entré dans les mœurs des agriculteurs. Seulement 16 % des lecteurs ayant pris part au sondage se déclarent prêts à acheter des pneus rechapés pour faire des économies. C’est plus que ceux qui envisagent d’acquérir des pneus à bas coût en provenance d’Asie (9 %) et équivalent au nombre de personnes intéressées par des fins de série sur Internet (18 %). Il est intéressant de noter que certains pneus vendus sur ces sites internet sont des modèles rechapés.

L’information importante, c’est que plus de la moitié des agriculteurs ayant participé à notre sondage (59 %) ne considèrent pas les pneumatiques comme un poste où il est possible de réaliser des économies sur les charges de mécanisation.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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