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« On a remplacé le bol mélangeur par un godet désileur »

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Adapter le matériel - « On a remplacé le bol mélangeur par un godet désileur »
Thomas Renouvin et Élodie Jouault ont été soulagés par l’arrivée de la chargeuse et du godet, optimisant ainsi leur temps de travail. © P. Denis

Afin de gagner du temps lors du mélange et de la distribution de la ration, Thomas Renouvin et Élodie Jouault ont changé complètement de technique.

Thomas Renouvin et Élodie Jouault sont tous les deux associés sur une exploitation de polyculture-élevage basée à Saint-Manvieu-Bocage, dans le Calvados. En juin 2019, Thomas a repris l’exploitation de ses parents en s’associant avec Élodie. Le cheptel est alors passé de 70 à 135 vaches laitières. La ferme se divise en 60 ha de maïs, 30 ha de céréales et 50 ha de pâtures. Avant l’arrivée du godet en avril 2021, l’élevage était équipé d’un bol BVL, acheté en 2009, et auparavant d’une désileuse. Au moment de changer le bol, les éleveurs se sont alors demandé quelles options s’offraient à eux.

Pour la pesée, Thomas a ajouté un système Agram, plus économique que le boîtier Emily d’origine. © P. Denis

Plusieurs solutions

« Notre machine commençait vraiment à être particulièrement usée. Pour la refaire correc­tement, il fallait dépenser trop d’argent, explique Thomas. Il était également nécessaire d’être deux pour faire les rations. Or, au mois de décembre 2020, notre ouvrier a quitté l’exploitation, nous avons donc dû trouver une autre solution. »

Lors de l’achat d’une machine destinée à travailler dans un bâtiment, la dimension de celui-ci est à prendre en compte. Thomas était restreint par la hauteur (3,10 m) et certains des bâtiments sont exigus. La machine doit être maniable. © P. Denis

Une autre difficulté s’ajoute à cela : la ferme est composée de trois sites pour les vaches, mais seulement deux d’entre eux possèdent des silos. De plus, les sites sont distants d’un kilomètre en moyenne et nécessitent plusieurs rations différentes.

« C’est avec cette problématique en tête que j’ai commencé à regarder les automotrices d’occasion. Cependant, le nombre de pièces en mouvement et leur usure potentielle, couplé au prix des pièces d’usure m’ont dissuadé, se souvient Thomas. Finalement, notre choix s’est porté sur un godet mélangeur. Mais avant de nous décider, je me suis informé via des vidéos et grâce aux conseils du vendeur de chez Emily. »

Un point important s’est ensuite posé : faut-il racheter un engin dédié au godet toute l’année ou simplement équiper­ le chariot télescopique déjà présent­ sur la ferme ? Thomas a choisi la première­ option pour éviter de faire viei­l­lir l’engin de manutention trop prématurément.

Le mélangeur à pâles hélicoïdales, à double entraînement hydraulique, mixe la ration. Une fois le mélange effectué, il est distribué à droite ou à gauche, en fonction du sens de rotation des pâles. En général, la distribution s’effectue à 1 m du sol. © P. Denis

Un godet de 4,6 m3

Tous ces facteurs ont motivé les agriculteurs à acheter une machine de manutention dédiée à la distribution de nourriture alliant gain de temps et économie de main-d’œuvre, tout en restant pratique. « Le choix s’est porté sur une chargeuse articulée JCB 411 de 100 chevaux d’occasion qui compte 10 000 heures, couplé à un godet Emily Melodis de 4,6 m3 d’occasion (deux ans) », raconte Thomas. La chargeuse est arrivée avant le godet, ce qui a permis d’adapter ce dernier au tablier type Volvo du JCB. « Il m’a fallu très peu de temps pour m’habituer à la conduite de la chargeuse et à la manipulation du godet », explique l’exploitant.

Le fait d’avoir une cabine haute et en position centrale offre une visibilité à 360° autour de la machine et dans le godet. Malgré la perte de volume par rapport au bol, le gain de temps est énorme et le système est bien plus pratique pour passer entre les différents sites. Thomas estime le temps gagné à près de 3 heures par jour. « Je suis passé de 2 h 30 à 1 h pour nourrir les bêtes et cela deux fois par jour. Sur l’année, ça représente tout de même beaucoup de temps de gagné. Il faut juste faire attention lors du désilage à bien détasser le foin avec la griffe pour éviter d’abîmer le godet en forçant trop. »

L’achat de cette chargeuse JCB a également soulagé le chariot télescopique en lui faisant économiser beaucoup d’heures. En effet, la JCB est employée lors de l’ensilage du maïs pour tasser et répartir le produit sur les silos. « Grâce à la simplicité d’utilisation du godet et de la chargeuse, je vais partir en vacances cet été plus sereinement en laissant la machine à mon père. »

Meilleur mélange

Un des problèmes identifié avec le bol, c’était notamment le mauvais mélange lorsque celui-ci était plein à cause de l’usure. De plus, il avait tendance à défibrer beaucoup la ration. Par exemple, pour une des rations, Thomas fonctionne en mettant 50 % de maïs avec 50 % de foin et un peu de maïs moulus. Au début, le Normand a eu peur que le mélange ne soit pas homogène car le godet n’est pas équipé de fraises. « Mais finalement, il n’y a plus du tout de défibrage dans le mélange. Celui-ci est donc plus qualitatif pour les bêtes. »

Dans l’ensemble, Thomas constate un gain de production depuis qu’il utilise le godet. « Il y a notamment moins d’écarts de production dus au manque d’homogénéité de l’ancien système. » Il a ainsi remarqué que chacune des rations est uniforme et stable. Il a également observé une meilleure santé globale du cheptel.

Paul Denis

Des caméras pour fluidifier le travail

Malgré la bonne visibilité que procure la cabine de la chargeuse articulée, Thomas Renouvin a installé deux caméras sur son ensemble. La première est située derrière la machine, afin de réduire l’angle mort du capot lors des manœuvres. La seconde est placée sur le godet pour voir le bord d’attaque lorsqu’il désile ou la progression du mélange.

Les caméras offre également davantage d’ergonomie et moins de temps mort pendant les déplacements entre les différents sites de l’exploitation.

Le grand pare-brise apporte une bonne vue sur le travail lors de la distribution des rations, même lorsque le godet est levé à 1 m de hauteur. © P. Denis
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Cet article est paru dans La France Agricole

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