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« Nous utilisons un semoir de 15 mètres en Cuma »

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Débit. Avec 15 m de largeur © photos : p. peeters

Hugues Fischer est l’un des huit adhérents d’un semoir acheté pour développer le semis direct. Il est également le gestionnaire du « planning » de la machine.

Quinze mètres de largeur de travail, 8 000 l de trémies et 60 éléments semeurs, ce sont les caractéristiques du semoir Condor 15001-C de chez Amazone. Non, nous ne sommes pas dans les plaines d’Europe de l’Est, mais bien en France, plus précisément au nord de Chaumont (Haute-Marne). C’est ici que huit agriculteurs ont décidé d’investir en Cuma dans un semoir de type semis direct. Ils se sont tournés vers le plus gros modèle.

Avec des exploitations de 150 à 800 ha, les huit propriétaires regroupent plus de 3 200 ha de cultures. Chacun s’est tourné depuis plusieurs années vers des techniques simplifiées. En effet, les sols comprennent parfois beaucoup de cailloux, « labourer ne fait qu’en remonter davantage, explique Hugues. Ici, il vaut mieux oublier l’itinéraire classique labour/herse rotative. » Avec des sols proposant un potentiel limité, le but est d’implanter la culture efficacement sans pour autant avoir un coût à l’hectare trop élevé. Les agriculteurs ont souhaité développer le semis direct. Après plusieurs tests et diverses marques essayées, ils se sont tournés vers le semoir à dents de chez Amazone. Proposé en 12 et 15 m, la différence de prix entre les deux largeurs a poussé les investisseurs vers le plus gros modèle. « Il faut dire qu’au bout d’une saison, nous avions prévu entre 1 200 et 1 300 ha… Il en a fait en réalité 1 800 », se félicite Hugues.

Cependant, les huit fermes ont toutes conservé leur semoir. Avec un écartement entre rangs de 25 cm et des éléments semeurs repartis sur 3 rangs, il est adapté pour semer en présence de résidus. Ainsi, il réalise les semis de couvert (phacélie, pois, tournesols…) juste derrière la moissonneuse-batteuse. Outre les céréales classiques, ils sèment également du soja, du tournesol ou encore du sorgho. Des essais pour implanter du maïs ensilage devraient également se faire au printemps. Certaines cultures sont également implantées directement sur le couvert, « il faut éviter un couvert rampant dans ce cas, sinon les dents font râteau », constate Hugues.

Pour la plupart des cultures, la cuve est divisée pour réaliser un apport d’engrais localisé. L’opérateur peut embarquer 3 000 l de semences et 5 000 l d’engrais, (le plus souvent un 18-46). Le semoir est muni de deux distributions pour appliquer une dose propre à l’engrais et à la semence, mais le tout est placé dans le sol par la même dent.

Simple mais efficace

« On voit que l’outil est conçu pour l’Europe de l’Est, il reste très simple », constate Hugues. Les associés ont apporté quelques modifications sur la machine. Le repliage s’effectuant à l’origine depuis le semoir, ils ont transféré les commandes en cabine. De plus, ils ont ajouté un contrôleur de semis Dickey John. « Avec un écartement entre rangs de 25 cm, si l’on a une descente de bouchée, on se retrouve tout de suite à 50 cm d’écartement ! », observe Hugues. Et, il regrette que la distribution du semoir ne se coupe pas en deux, « 15 m dans les bouts de parcelle, ça fait vite des grosses pointes », s’amuse-t-il. Le coutre travaille à la profondeur de semis (autour de 3 à 5 cm), ainsi le semoir est peu tirant : le tracteur de 270 ch de Hugues est l’un des plus puissants parmi les fermes (chaque agriculteur utilise son propre tracteur). La vitesse de travail oscille entre 5 et 8 km/h. Elle permet de limiter l’agitation de terre qui favoriserait la levée d’adventices. Le débit à l’hectare reste impressionnant avec 8 à 10 ha/h de semés.

Pierre Peeters
Investissement. Hugues Fischer est, ici, avec le conseiller technique de la chambre ©
Capacité. Les agriculteurs utilisent une répartition de la trémie de 5 000 l pour l’engrais et 3 000 l pour la semence. ©
Disposition. L’inter-rangs est de 25 cm. Les dents sont réparties sur 3 rangées pour mieux passer dans les résidus. ©
Traction. Chaque agriculteur utilise son tracteur pour tirer le semoir. Les puissances sont comprises entre 200 et 270 ch. Hugues utilise un John Deere 8270R de 270 ch. ©
Une conversion prudente dans le semis direct

Même si Hugues réalise jusqu’à 70, voire 80 % de sa surface avec le Condor, il reste prudent avec le semis direct. En effet, avec des aléas climatiques irréguliers, les hivers sont très différents. Des problèmes de mulot surviennent, par exemple, lorsque l’hiver n’est pas assez froid et humide. Dans ce cas, Hugues ressort le déchaumeur à dents (un Köckerling Allrounder) pour tenter de détruire les galeries. Certains couverts sont peu adaptés au semis direct avec des dents. Notons que l’utilisation du glyphosate avant le semis en direct est utilisée régulièrement. Le but est d’implanter la culture dans une parcelle la plus propre possible.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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