C’est de l’autre côté de l’Atlantique qu’Arnaud et Philippe Douillé ont fait venir leur semoir pour semis direct. « Nous utilisions déjà un cultivateur à dents de la marque canadienne Morris. Leur technique de semis et leur matériel nous semblaient fort intéressants. Alors, quand un modèle de démonstration a été mis à notre disposition, nous l’avons essayé, puis gardé », expliquent les agriculteurs de Brosses, dans l’Yonne.

Élément en T multitâches

En 2013, ils investissent 100 000 euros dans cette technique de semis direct avec un élément en T inversé, encore rare aujourd’hui dans l’Hexagone. Celui-ci rend pourtant le semoir polyvalent. Le Morris CX 8105 reste le seul engin utilisé sur la ferme pour l’implantation d’une grande variété de cultures, du blé au chanvre en passant par le sorgho. Aussi, il offre une large palette de possibilités grâce à la technique de semis sur une bande.

Chaque élément est, en effet, pourvu d’une dent avec une pointe au centre et des ailettes latérales. Les graines arrivent par ces dernières, espacées de 7 cm, et sont réparties sur cette largeur. Si l’écartement entre les éléments est de 25 cm, on considère que l’espacement réel entre les graines est de 18 cm. Un dernier point de chute central prend place au bout de la pointe. Une culture associée ou un fertilisant peuvent donc être implantés à 1 ou 2 cm sous la bande de semis.

Deux trémies d’une contenance de 2 000 et 1 500 l sont reliées à ces points de chute. Elles possèdent chacune une distribution indépendante. « La dent travaille la bande où la graine et le fertilisant sont implantés. Ils profitent ainsi d’un environnement aéré bénéfique à leur croissance. « L’inter-rangs n’est pas perturbé, s’enthousiasment les agriculteurs, très attentifs à la vie de leur sol. Il faut être particulièrement minutieux dans la destruction des couverts si l’on veut passer avec ce semoir, alertent-ils à propos des problèmes de bourrage liés aux dents. »

De nombreuses possibilités de réglages

C’est également la pression au sol réglable qui a séduit Arnaud et Philippe. Elle s’ajuste de 31 à 77 kg, avec un seuil de déclenchement à 300 kg. « Chaque élément a une pression au sol adaptée. La profondeur de semis est donc homogène sur les 8 m de largeur de travail », confient les exploitants.

La plupart des réglages du semoir sont mécaniques mais cela ne pose pas de soucis à Arnaud. « Il y a une grande possibilité de modifications concernant les paramètres du semoir, ce qui le rend très polyvalent. En témoignent les deux vitesses des distributions hydrauliques, qui offrent une grande plage de doses. Même si les réglages sont nombreux, tous sont rapides à réaliser grâce à l’accès aisé vers les principaux organes. » L’outil, non Isobus, est tout de même piloté depuis une console Topcon X35. La modulation de dose intraparcellaire est assurée avec elle.

Au transport, l’ensemble avec ses deux trémies et ses éléments répartis sur quatre rangées est long. Et les parcelles de ces exploitants bourguignons sont distantes les unes des autres. Toutefois, les agriculteurs précisent que « l’articulation entre le châssis des éléments et les trémies rend le semoir assez maniable pour faire oublier sa dimension sur nos petites routes ». Le monstre canadien semble donc bien s’acclimater à son nouvel habitat bourguignon !

Loris Coassin

Arnaud (à g.) et Philippe Douillé ont été accompagnés par Michelle Lermercier, de DMK France, pour importer le semoir Morris CX 8105.
Les élements semeurs du Morris CX 8105 sont équipés de parallélo-grammes indépendants pour exercer la pression au sol. Ainsi, le suivi du sol reste homogène, même sur les parcelles vallonnées.
La console Topcon X35 est compatible avec le pilotage de l’appareil non-isobus. Les utilisateurs peuvent donc agir sur certains des réglages depuis la cabine.
Une articulation entre le châssis des éléments semeurs et les deux trémies rend l’ensemble plus maniable sur la route.
La dent de l’élément semeur est constituée de deux ailettes latérales par lesquelles arrivent les graines. Un troisième point de chute central est situé au bout de la pointe, 1 à 2 cm plus bas, pour une culture associée ou un fertilisant.