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« Nous avons construit une croskillette pour travailler sur le rang »

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Outil « fait maison » - « Nous avons construit une croskillette pour travailler sur le rang »
Antonin (à gauche) et Matthieu ont réalisé une croskillette poussée en reprenant des pièces d’une ancienne plastisemeuse. © P. Peeters

Pour les semis au monograine, Antonin Blanckaert et Matthieu Bruyerre ont fabriqué un outil pour affiner le lit de semences uniquement sur le rang.

« Sur la ferme, on a un bon atelier et on aime bien fabriquer ou modifier les choses », explique Jean- Charles Blanckaert, à la tête d’une exploi­tation de polyculture-élevage dans la Marne avec son frère Didier. Difficile d’imaginer que cette petite croskillette, réalisée par son fils Antonin et son ouvrier Matthieu, était à l’origine un semoir.

Les parallélogrammes, les éléments et une grande partie du châssis sont en effet issus de l’ancienne plastisemeuse Horsch. « Nous ne l’utilisions plus et elle nous gênait plus qu’autre chose. Nous étions prêts à la mettre à la ferraille », confie Antonin.

Une roue par parallélogramme assure le suivi du sol. Elle permet également un remisage de l’outil plus sécurisé. © P. Peeters

Un travail du sol localisé

Environ quatre-vingts heures de travail ont été nécessaires à Antonin et Matthieu pour arriver à la machine actuelle. « Mon père avait ce projet en tête depuis un moment. Il a d’abord réalisé des plans sur papier, puis nous nous sommes lancés. L’idée, c’est d’éviter qu’il ne reste des mottes autour du rang, mais également de retasser sur le lit de semences », explique Antonin. Monté sur le relevage avant, l’outil est utilisé en combinaison du semoir monograine.

Les supports de la croskillette sont reliés aux parallélogrammes par des pivots. Ainsi, ils gardent une certaine liberté de mouvement, notamment pour les fourrières. © P. Peeters

Tout comme ce dernier, il travaille ainsi douze rangs. Pour chacun d’entre eux, deux éléments de croskillette de 350 mm de diamètre viennent affiner et rappuyer le sol localement. Ces éléments sont reliés en binôme (deux éléments x deux rangs) au bâti principal par des parallélogrammes. Un système de pivot avec des bagues graissées assure une liberté de mouvement aux sous-ensembles fixés sur les parallélogrammes. Ils sont reliés par groupe de deux grâce à des troisièmes points modifiés pour rigidifier l’ensemble.

Pour l’attelage, Antonin s’est servi du système de triangle automatique. « On avait déjà le triangle à la ferme pour une bineuse », explique-t-il. © P. Peeters

En remontant la machine, ces bricoleurs se sont aperçus que les éléments de la croskillette n’étaient pas centrés. « On s’est rendu compte qu’en inversant leur sens, il y avait un écart d’environ 4-5 cm entre les deux éléments, et que cela crée une bande non travaillée. En les montant­ tous de la sorte, l’outil pourra nous servir à décroûter les rangs de betteraves si nous avons des problèmes de battance à la levée. Mais j’espère ne pas avoir à le faire », sourit Jean-Charles.

Pierre Peeters

La culture du « fait maison »

Antonin a également réalisé un repousse-fourrage, monté sur le chargeur télescopique. « Nous sommes partis d’une vieille roue de semoir. Dessus, on a installé une bande en caoutchouc, issue d’un ancien élévateur à pierres. Les pneus, c’est bien, mais ça laisse des dépôts dans la table d’alimentation en s’usant, explique Antonin. Avec ce système, le travail est propre et sans dépôt. Nous avons rajouté une planche en bois derrière pour finir le travail. » Le tout est monté sur un bâti « fait maison ». Pour l’attelage sur le télescopique, il a été récupéré sur un ancien godet mélangeur de l’exploitation.

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