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« Nous avons construit un système pour battre les maïs séchés en cribs »

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Machinisme - « Nous avons construit un système pour battre les maïs séchés en cribs »
La réalisation de Jean-Luc et Christophe entame sa quatrième campagne. Fixée sur le convoyeur de la moissonneuse-batteuse, elle récupère et conduit les épis de maïs dans la machine. © P. Peeters

Jean Luc et Christophe Hanser, installés à Sainte-Croix-en-Plaine, dans le Haut-Rhin, ont conçu et fabriqué une tête de récolte spéciale pour battre le maïs, stocké en cribs.

Un curieux chantier s’active dans la plaine alsacienne en ce début de printemps. La Lexion 770, de la SNC Hanser Jean-Luc et Christophe, s’apprête à battre du maïs. Rassurez-vous, celui-ci n’est plus dans son champ depuis longtemps. Il a été récolté à l’automne puis a patienté tout l’hiver dans un crib (voir l’encadré). Pour s’attaquer aux 265 m de longueur et 7 m de hauteur de maïs en épis, stockés­ dans ce silo, la machine est équipée d’une coupe très spéciale. Elle a été fabriquée par Jean-Luc et Christophe Hanser, exploitants et entrepreneurs dans le Haut-Rhin.

Jean-Luc Hanser, dirigeant de la SNC, possède également deux corn-picker pour récolter le maïs en épis. Il réalise 900 ha avec cette technique. © P. Peeters

« On a passé plus d’un mois et demi à l’atelier pour la réalisation, précise Jean-Luc. C’est lors du renouvellement de notre moissonneuse-batteuse que nous avons voulu un système avec encore plus de débit. Nous avions déjà un matériel un peu similaire avant. Nous sommes partis d’un cueilleur Dominoni de 6 rangs, acheté sans les cônes », poursuit-il.

Une roue est placée à l’avant du bac de réception. Pilotée hydrauliquement, elle permet de relever et diriger le bac pour avancer le long du crib. © P. Peeters

Davantage de débit

Le système se compose d’un redler à chaîne, qui reçoit les épis une fois les trappes du crib ouvertes. Celui-ci se positionne le long du silo. « La partie à plat est longue de huit mètres pour favoriser un débit de chantier élevé. Le but était de dimensionner le flux pour la Lexion 770. »

Cette autoconstruction repose sur une base de cueilleur à maïs. Un circuit hydraulique indépendant a été ajouté pour entraîner le redler. © P. Peeters

Le dispositif transporte ensuite les épis vers l’ancien bâti du cueilleur. Ce dernier a conservé sa vis sans fin, qui conduit toujours les épis dans la machine. Il a cependant été revu pour créer une caisse autour de la vis et supporter tous les organes de l’outil. En effet, cette machine est animée hydrauliquement. Gourmande en puissance et en débit, elle est équipée de son propre circuit.

Pour vider les cribs, des trappes sont ouvertes en bas et les épis tombent par gravité. Ils sont récupérés par un bac équipé d’un redler, qui les conduit dans la moissonneuse-batteuse. © P. Peeters

« Un hydraulicien venu d’Allemagne nous a aidés pour cette partie. Avec l’hydraulique, je modifie et adapte les vitesses des différents systèmes d’alimentation », précise Jean-Luc. Le circuit se compose d’une pompe, entraînée depuis le convoyeur, d’un réservoir et de plusieurs échangeurs.

Piloter depuis la cabine

Pour avancer le long du crib, une roue est placée au bout du bac de réception contenant le redler. Elle reçoit deux vérins, l’un pour relever le bac et l’autre pour le diriger. « Ils sont raccordés à l’hydraulique de la moissonneuse. Ils sont ainsi pilotés depuis le joystick. Je voulais que le système soit le plus autonome possible afin que le conducteur avance le long du crib sans avoir besoin d’aide.

Pour éviter qu’elles s’accumulent derrière la machine, un dispositif conduit les pailles et les poussières dans une remorque. © P. Peeters

Dans cette optique, je me suis aussi servi du vérin de repliage du côté droit du cueilleur. Il sert à faire coulisser légèrement de droite à gauche la partie fixée sur le convoyeur. Ainsi depuis la cabine, l’opérateur lève le bac et le décale légèrement du crib. Il peut alors avancer en ligne droite sans risquer d’abîmer le système. »

Pour le transport, le convoyeur à bande se décroche de la partie avec la vis sans fin. « Cela fonctionne avec des crochets d’attelage et des prises push-pull pour l’hydraulique. » Un essieu est positionné sous l’élévateur. Ainsi, avec la roue déjà présente à l’avant, il peut être accroché derrière la machine, tel un chariot porte coupe.

Au transport, une partie du dispositif est placée derrière la moissonneuse-batteuse, tel un chariot porte coupe. L’autre reste fixée sur le convoyeur. © P. Peeters

Gérer les pailles

Pour compléter le système, un aspirateur à poussière est placé juste avant l’entrée dans le convoyeur. Les déchets sont soufflés vers l’arrière de la machine. Ici, un autre système, toujours fait maison, évacue les pailles dans des remorques pour éviter qu’elles s’accumulent derrière la moissonneuse et le long du crib. Les remorques ont été équipées en conséquence, avec de grandes rehausses et un grillage sur le dessus.

Le jour de notre passage, le chantier s’affairait sur le crib de l’exploitation, contenant environ 1 000 t d’épis de maïs. Cependant, l’invention sert aussi à réaliser de la prestation et bat environ 10 000 t de maïs en cribs par an. « Avec notre système, complet et optimisé, nous conservons une bonne compétitivité », se félicite Jean-Luc.

Pierre Peeters

Le crib, un séchoir naturel

La technique des cribs a pour but de stocker mais surtout de sécher le maïs de manière naturelle. La céréale est récoltée en épis à l’aide d’un corn-picker, puis est directement conduite dans les cribs. Ce sont des silos peu larges mais très longs, et hauts de plusieurs mètres. Le but est d’exposer les épis à l’air afin d’abaisser leur taux d’humidité. Avec ce système, pas besoin de séchoir, gourmand en énergie, ni d’installation de stockage. Le revers de la médaille, c’est la main-d’œuvre nécessaire, ainsi que des équipements spécifiques, pour récolter les épis et battre le crib.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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