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« Nous avons conçu notre semoir de semis direct »

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Récupération. Le semoir a été conçu sur la base d’un déchaumeur à dents. Des pièces, comme la trémie et la distribution, ont été récupérées sur un combiné de semis Accord. © Photos : P. Peeters

Vincent Plu et son frère Sébastien ont réalisé un semoir à dents

Alors que Sébastien est agriculteur et féru d’agronomie, son frère Vincent, formateur en agroéquipement, est un passionné de machinisme. Avec l’aide de leur père, également agriculteur et grand bricoleur, ils ont conçu un semoir sur la base d’un cultivateur à dents.

« J’ai des problèmes de graminées résistantes sur mon exploitation », déplore Sébastien, qui cultive un peu plus de 200 ha dans l’Orne. Aujourd’hui, nous semons une grande partie de l’exploitation à la volée, combiné à un passage de Duro Compil pour recouvrir les graines (lire l’encadré ci-dessous). C’est un appareil formidable pour faire lever les graines, mais de ce fait, il fait également lever les adventices. »

Engagé dans une démarche de techniques simplifiées, avec différents couverts, l’agriculteur limite l’utilisation de la charrue à son minimum. « J’ai toujours un combiné de semis mais je l’utilise peu », confesse-t-il. Avec le semis direct, l’idée est de perturber le moins possible le sol, de façon à limiter la levée des adventices. Cependant, un semoir de semis direct coûte cher. Les deux frères ont conçu leur propre machine, de manière à faire des économies importantes.

Un gros hiver passé à l’atelier plus tard, le semoir était enfin construit, prêt à travailler ses premiers hectares. « Sans compter la main-d’œuvre, le semoir nous est revenu à environ 4 000 euros », précise Vincent.

Un coût de 4 000 €

Le jeune homme a d’abord modélisé le semoir en 3D sur ordinateur. « Grâce à cette technique numérique, on peut visualiser la machine finie. On a pu notamment placer les dents et les différents éléments sans avoir à redécouper le châssis du déchaumeur existant », révèle Vincent. Si la base de la machine est un déchaumeur à dents, il a aujourd’hui bien changé. Il a reçu des extensions de part et d’autre de son châssis, et atteint 3 m de largeur de travail. L’attelage a entièrement été refait. « Pour la partie semis, nous avons acheté d’occasion un vieux combiné Accord. Nous avons repris la trémie et la distribution, avec le système de DPE via une roue crantée. »

Le semis est réalisé par les dents, avec une sécurité de type « queue-de-cochon ». Elles sont disposées tous les 19 cm sur trois rangées. « On compte 16 descentes. La distribution de l’Accord étant prévue pour 21 sorties, nous avons modifié la tête de répartition. » Les tuyaux de descente d’origine étant trop abîmés, ceux du semoir ont été changés. Chaque dent est équipée d’une descente boulonnée derrière un soc avec une pointe carbure. Trois trous ont été prévus sur les descentes afin d’ajuster la profondeur de semis. Pour un contrôle de la profondeur optimal, deux roues ont été ajoutées à l’avant. Elles sont réglables avec un tirant. À l’arrière, un rouleau barre sert également au contrôle de la profondeur. Sur le rouleau, Vincent a ajouté les peignes de l’ancien combiné. Ils permettent de bien refermer le sillon. « J’avais envisagé des chaînes comme on voit sur certains semoirs de semis direct, mais c’était plus cher », confie Vincent.

Premiers essais

Lors de notre passage, le semoir a travaillé à 5 km/h pour implanter du blé. Il était tracté par un Claas Arion 630, à un régime de 1 200 tr/min, équipé de pneus basse pression à l’arrière. « On joue avec leur pression afin de limiter le tassement, mais nous sommes limités en raison de l’absence de télégonflage sur le tracteur. »

C’est la première année que le semoir est utilisé sur l’exploitation. Il a déjà exécuté quelques semis de couvert cet été. Parmi les améliorations, Vincent réfléchit à un capteur dans la cuve pour détecter quand elle est vide.

Pierre Peeters
Origine. Vincent (à d.) est à l’origine du semoir utilisé sur l’exploitation de son frère Sébastien (à g.) ©
Complément. Un rouleau et des peignes ont été ajoutés derrière les dents.
Travail. Le semoir a circulé dans des repousses de colza. Les graines on été enterrées sans remuer la surface.
Conception. Le semoir a été modélisé en 3D sur ordinateur avant d’être construit. Cela a aussi permis de sous-traiter certaines pièces. © v. plu
Profondeur. Pour assurer un travail régulier, deux roues, réglables en profondeur, ont été supplémentées à l’avant de la machine.
Réalisation. Plusieurs découpes de pièces ont été sous- traitées, notamment au niveau du rouleau, comme ici, la réglette pour la profondeur.
Réglage. La descente est boulonnée sur les dents. Trois trous ont été prévus pour ajuster la profondeur par rapport à la dent.
Pneumatique. Le tracteur utilisé pour le semis est équipé de pneus basse pression à l’arrière. Ce sont des Michelin 800/65-R32. Ils sont gonflés à 0,65 bar.
Trois styles de semis à la volée

Très utilisé sur l’exploitation, le semis à la volée est conduit à l’aide d’un ancien distributeur à engrais pneumatique Nodet DP 12. Cependant, Sébastien a recourt à plusieurs techniques pour recouvrir la semence à la suite du passage du DP. « Je peux accomplir un semis à la volée avec trois outils différents » explique-t-il. En effet, l’agriculteur est équipé d’un déchaumeur à disques indépendants Amazone Catros, d’une herse à paille conçue maison avec des éléments EcoMulch, ainsi que d’une bêche roulante Compil de Duro détenue en Cuma. Ce sont trois machines différentes, mais elles peuvent toutes être employées pour le semis avec le Nodet. Une grande majorité est cependant réalisée avec le Duro Compil.

Avec une rampe de 12 m, le DP 12 offre un gros débit de chantier. © V. Plu
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Cet article est paru dans La France Agricole

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