«Avec une seule machine, nous nourrissons et paillons l’intégralité de nos productions », confient Jérôme et Magali Cluzel, polyculteurs-éleveurs à Sazeret, dans l’Allier. Ces derniers sont, en effet, sur plusieurs fronts. Entre la pension de génisses, occupée par 85 à 90 individus, le cheptel ovin, les volailles, le paillage et la distribution des rations, plusieurs outils seraient nécessaires. Pourtant, le couple a décidé d’investir dans un équipement qui assume seul l’ensemble de ces tâches.

Deux en un

Il a opté pour une mélangeuse Robert à double vis de 24 m3. Celle-ci bénéficie d’une capacité suffisante pour distribuer la ration, composée d’ensilage d’herbe, de paille et de foin.

L’engin est idéalement dimensionné pour entrer dans le poulailler, récemment établi et qui accueille 29 000 poulets. Les portes du lieu sont suffisamment grandes pour que des engins agricoles comme le tracteur attelé à la mélangeuse puissent s’y introduire. « Sachant que ce dernier accède sans problème au bâtiment, nous avons choisi de doter notre mélangeuse d’outils de paillage, plutôt que d’investir dans un godet éparpilleur spécifique », expliquent les éleveurs.

L’appareil reçoit une table d’épandage en lieu et place de la trappe arrière. Elle est conçue comme un godet éparpilleur classique de manière à fournir un travail similaire. Deux hérissons horizontaux régulent et répartissent le flux sur deux hélices à pâles, qui étalent ensuite la paille sur une largeur de 6 m. Une dimension de travail idéale pour couvrir en deux passages le centre du bâtiment de 15 m de large. Il ne reste plus qu’à s’occuper de ses côtés.

Une pailleuse à turbine à l’avant

Pour réaliser le travail, une pailleuse à turbine est installée sur l’avant de la machine. Polyvalente, elle paille le poulailler comme la stabulation des génisses. Une position « volailles » lui permet de distribuer sur 2 m sans modifier la position de la goulotte.

« La mise en place de la litière exige un aller-retour dans le poulailler. Nous distribuons plus ou moins de matière en variant la vitesse d’avancement du tracteur. Nous ne regrettons que le manque de visibilité sur le travail de la table », précisent les agriculteurs.

En toute biosécurité

En ce qui concerne la biosécurité, Jérôme et Magali n’ont vu aucun inconvénient à passer d’une production à l’autre. « Inutile d’entrer dans le bol avec un balai, la mélangeuse se vidange parfaitement toute seule », se réjouissent-ils. Toutefois, ils précisent qu’une désinfection rapide de l’appareil avec un pulvérisateur à dos est effectuée avant et après le paillage du poulailler.

Loris Coassin

La mélangeuse est pourvue d’une table d’épandage à l’arrière pour le centre du poulailler, ainsi que d’une pailleuse classique pour les côtés et les logettes des bovins. © Photos : L. Coassin
1. La table d’épandage répartit la litière sur 6 m au centre du poulailler. Elle est conçue comme un godet éparpilleur. Deux hérissons à l’intérieur font office de doseurs, tandis que deux distributeurs à pales épandent la matière.
2. Le poulailler étant large de 15 m, une pailleuse à l’avant de la mélangeuse distribue sur les côtés du bâtiment, en même temps que la table s’occupe du centre. Spécialement conçue pour ce type de bâtiment, elle paille sur une largeur de 2 m sans bouger la goulotte.
3. La trappe latérale est employée pour répartir la ration dans la pension des génisses.
Afin d’utiliser la trappe arrière de la mélangeuse, la table d’épandage est démontable. L’agriculteur se sert de son chargeur télescopique pour la retirer et la poser.