Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Notre chaudière à biomasse et litière de volaille est la première en France »

réservé aux abonnés

 - -->
Confort. Depuis la mise en route des nouveaux bâtiments en septembre 2016, Jean-Michel Choquet a déjà élevé trois lots de poulet et a pu apprécier le confort et l’ambiance dans ses bâtiments. © Photos : I. Lejas

Chez Jean-Michel Choquet, la litière va chauffer les quatre poulaillers du site et permettre des économies d’énergie.

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » : cette maxime bien connue, Jean-Michel Choquet, aviculteur à Trédion (Morbihan), l’a fait sienne. L’idée que la litière de ses animaux puisse servir à chauffer les bâtiments dans lesquels ils sont élevés, satisfait ce fervent défenseur de l’économie circulaire. Sur son élevage de poulets et de dindes, vient d’être installée la première chaudière à biomasse et litière de volailles en France, après dix ans de réflexion. Le concept est développé par la société Exedia (Rhône), spécialiste de la combustion.

Le principe est simple. Le fumier de volailles (ou la biomasse) est brûlé dans un foyer dont les fumées chaudes sont récupérées pour chauffer de l’eau grâce à un échangeur. L’eau chaude sert à alimenter les aérothermes dans les poulaillers.

L’installation de démonstration présente sur l’exploitation peut brûler 1 000 t de litière par an. La chaudière d’une puissance de 300 kW chauffe les 4 bâtiments du site, soit 5 900 m² (2 ×1 700 m² et 2 × 1 250 m²). Pour l’instant, elle brûle de la sciure en attendant toutes les validations administratives. « À terme, seule la litière des poulets composée de copeaux et sciure sera valorisée dans la chaudière », précise l’éleveur. La litière des dindes (copeaux + rajout paille broyée) est compostée. Exedia travaille, par ailleurs, sur un procédé pour la paille, mais plus compliqué à mettre en œuvre en raison du mâchefer (blocs de silice).

Les cendres exportées hors Bretagne

À l’échelle de l’exploitation, l’économie sur la facture de chauffage devrait représenter l’équivalent de 40 t de gaz, soit de 30 000 à 40 000 € (selon le prix du gaz, actuellement 700 €/t). Les cendres récupérées après dépoussiérage des fumées, riches en phosphore et en potasse, seront vendues à un céréalier dans la Beauce. Plutôt que d’évacuer de la litière, la technique permet ainsi de concentrer les éléments fertilisants et de limiter le nombre de camions sur la route (2 semi-remorques de cendres par an).

L’éleveur y voit de nombreux autres avantages, par exemple sur les performances zootechniques.

« Grâce à cette énergie moins chère, je vais pouvoir me permettre de chauffer mieux et plus longtemps les bâtiments, jouer sur l’hygrométrie, notamment en période hivernale. L’ambiance est plus saine dans le bâtiment. La litière est plus sèche, ce qui devrait limiter les pododermatites », argumente l’éleveur. Il y a également moins de CO2 dans les bâtiments, car le nouveau système d’aérotherme mis en place fonctionne par échange air/eau et non par combustion. Au final, les conditions de vie des animaux seront améliorées. La boucle est bouclée…

Isabelle Lejas
Innovation. Le site d’élevage comprend 2 bâtiments Louisiane de 1 250 m², datant de plus de 20 ans, 2 bâtiments flambant neufs de 1 700 m², 1 hangar de stockage, l’installation de chauffage et une plate-forme de compostage (non visible sur la photo), tous recouverts de panneaux photovoltaïques.
Énergie positive. Les nouveaux bâtiments produisent davantage d’énergie qu’ils n’en consomment.
Des bâtiments à énergie positive

Les deux dernières constructions (2 × 1 700 m²) sont à énergie positive, ce qui signifie qu’elles produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Car outre le chauffage produit par la chaudière à fumier, les nouveaux bâtiments sont recouverts de panneaux photovoltaïques (124,95 kWc). Au total, le site d’élevage représente une puissance de 670 kWc avec des panneaux sur les 2 autres poulaillers, l’installation de chauffage, le hangar de stockage, la plateforme de compostage, soit une production annuelle potentielle de 724 MWh.

Les bâtiments récents sont également équipés de matériaux qui permettent des économies d’énergie : dalle béton isolée, panneaux sandwich de 50 mm d’épaisseur, ventilation pignon, lumière naturelle par des fenêtres occultables, éclairage artificiel par tubes Led… L’éleveur a investi 300 €/m² (hors chaudière et photovoltaïque), tout en bénéficiant de subventions (conseil régional, conseil départemental, Ademe, Agence de l’eau). Chauffage, production d’électricité, ventilation… L’étude prévisionnelle avance une économie d’énergie de plus de 40 % dans ce type de bâtiment innovant par rapport à un bâtiment plus classique.

Plus d'infos sur le sujet

Lorsqu’elle sera commercialisée, l’installation de cette chaudière devrait avoisiner un coût de 700 000 € tout compris (du stockage de la litière jusqu’au réseau de chaleur et aux aérothermes).

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !