L’arrêt de la majorité des vols commerciaux à cause de la pandémie de coronavirus pourrait avoir une conséquence inattendue : la baisse de fiabilité des prévisions météorologiques. Depuis les années 1970, un réseau mondial de stations météo interopérables assure l’essentiel des mesures nécessaires à l’établissement des modèles de prévision.

Des données irremplaçables

Ce qui est moins connu, c’est que ces mesures sont complétées par celles des stations météo mobiles communicantes embarquées dans les avions de ligne. Ces dernières réalisent des relevés précis des conditions dans les différentes couches de l’atmosphère, notamment la température, la pression, l’humidité, la vitesse et la direction du vent.

La mise en réseau de toutes ces informations en temps réel participe à la mise à jour des conditions initiales de l’atmosphère. Ces données sont difficilement accessibles par d’autres moyens. Ainsi, dans les zones rarement survolées comme les pôles, des ballons-sondes sont envoyés pour peaufiner les prévisions météo.

80 à 90 % de trafic aérien en moins

En 2010 déjà, lorsque l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull avait obligé l’Europe à fermer son espace aérien, les météorologues avaient dû s’affranchir de nombreuses données captées par les avions pendant deux semaines. La situation actuelle liée au Covid-19 laisse prévoir une réduction globale du trafic aérien de 80 à 90 % pendant plusieurs mois.

Les scientifiques du Centre national américain pour les océans et l’atmosphère envisagent déjà le lancement de ballons de mesure dans les zones qui ne sont plus survolées, afin de renforcer la fiabilité des prévisions météorologiques. Selon les mêmes spécialistes, les prévisions climatologiques ne devraient pas être affectées.

Corinne Le Gall