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Les pièges connectés ont encore besoin d’améliorations

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Appui au suivi des cultures - Les pièges connectés ont encore besoin d’améliorations
Le piégage des lépidoptères présente plus de difficultés que celui des pucerons, cicadelles et méligèthes. Les algorithmes d’identification doivent être perfectionnés. © Trapview

Arvalis-Institut du végétal a testé différents pièges connectés. Leurs performances varient selon l’insecte ciblé et les algorithmes doivent encore progresser.

Arrivés sur le marché il y a cinq ans à la faveur du développement des objets connectés et de l’intelligence artificielle, les pièges connectés offrent la promesse d’un appui au suivi des cultures. Plus besoin de relever régulièrement les cuvettes jaunes ou les pièges collants : les caméras s’en chargent pour vous et vous envoient leurs conclusions. Mais ces solutions peuvent-elles réellement remplacer le tandem piège traditionnel-œil de l’agriculteur ? C’est ce qu’a voulu tester Arvalis sur sa Digiferme de Saint-Hilaire-en-Woëvre (Meuse). Plusieurs dispositifs ont été testés, dont le e-Gleek d’Advansee et le iScout de iMetos. Pour les lépidoptères, les ingénieurs ont également étudié le système Trapview.

Priorité aux vecteurs de la JNO

Face à l’explosion de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) et de la maladie du pied chétif, la Digiferme a étudié en priorité les performances des pièges sur les insectes vecteurs que sont les pucerons ailés et les cicadelles. Les pièges à papier collants se sont montrés assez efficaces et ont permis de placer correctement le traitement. Les différences de comptage entre la solution connectée et le piégeage manuel n’étaient pas assez significatives pour modifier la date d’intervention.

Les pièges à papier collant équipés d’une caméra sont la solution connectée la plus fréquente. Dans le colza, ce papier est remplacé par une cuvette jaune. © Advansee

Pour les pucerons, le traitement a été déclenché après dix jours de présence continue d’insectes ailés, même si Arvalis rappelle que tous les individus ne sont pas porteurs du virus. Pour les cicadelles, l’intervention est recommandée après trente captures hebdomadaires.

Plus difficile pour les lépidoptères

Les performances sont loin d’être aussi satisfaisantes pour les lépidoptères. Le dispositif Trapview a été testé sur l’héliothis, la pyrale du maïs et la sésamie. Pour l’héliothis, les ingénieurs ont constaté que le signalement du pic de vol par le piège connecté était décalé par rapport au piège classique Tipi et que le nombre de captures était anormalement faible. De plus, l’algorithme se trompe et compte à tort certains insectes comme héliothis. Les résultats sont encore moins satisfaisants concernant la pyrale et la sésamie, où les captures sont trop faibles.

Pour Arvalis, il est donc essentiel d’améliorer la partie piégeage avant d’envisager la connexion du système. Les algorithmes pourront ensuite être perfectionnés par l’apprentissage.

Corinne Le Gall

Une solution pour les limaces

Le spécialiste des produits antilimaces DeSangosse a développé le Limacapt, un capteur autonome connecté permettant le comptage automatique des limaces aux champs. L’acquisition des images et le comptage s’effectuent pendant la nuit, lorsque les limaces sont actives. La prise d’information est réalisée à l’aide d’une caméra et d’un éclairage infrarouge. Le mini-ordinateur intégré au sein de Limacapt fait tourner l’algorithme, qui traite plusieurs centaines d’images chaque nuit. Ce ne sont pas les images qui sont transmises à l’agriculteur, mais le comptage final en fin de nuit. Le transfert de l’information s’effectue avec un réseau bas débit (LoRa ou SigFox) ou en GSM. Selon DeSangosse, le dispositif fonctionne avec un faible taux d’erreur, estimé à 5 %. La prouesse technologique réside dans l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui permet de distinguer chaque individu et de ne pas le compter plusieurs fois s’il coupe le champ de caméra à diverses reprises.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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