Plus de vingt ans après le lancement des Deutz-Fahr Agrotron (1995), nous avons pris les commandes de l’une des dernières évolutions du constructeur allemand pour ses séries 6 en 4 cylindres : la transmission C-Shift. Notre modèle, un 6140.4 a travaillé avec une faucheuse frontale à tambours et une autochargeuse à l’arrière, puis une presse à balles rondes.

Le moteur Deutz de 4,1 l est couplé à la C-Shift. C’est une boîte ZF semi-powershift 24x24 qui comprend 6 gammes robotisées, et 4 rapports sous charge. Une transmission qui représente l’atout de ce tracteur polyvalent. Le passage des rapports sous charge s’automatise lorsqu’on sélectionne le mode Auto. Réglable en pourcentage, la sensibilité des passages de rapports en fonction du régime moteur s’ajuste avec un potentiomètre. À vide, les powershift se passent à partir de 1 600 tr/min au minimum de la sensibilité, contre 2 200 tr/min au maximum. Deutz-Fahr propose deux modes Auto, qu’on peut ainsi programmer en limitant le nombre de rapports sous charge voulus. Les informations sur la transmission s’affichent sur l’écran intégré dans le montant droit de la cabine. Les 4 rapports sous charge y sont représentés par les lettres L, M, H, et S. Pour le passage des gammes, on pousse le joystick tout en appuyant sur le bouton situé derrière le manche.

En cabine, malgré 6 montants, la visibilité est plutôt bonne. On note la présence d’un pare-brise avant ouvrant ainsi que d’une grande vitre de toit, ouvrante également. Depuis le siège conducteur, on ne voit pratiquement pas le capot, plutôt compact. Il est dissimulé derrière un gros tableau de bord qui regroupe, entre autres, des commandes pour les phares, des bouches de ventilation, mais aussi deux écrans. Du côté de l’environnement de bord, les commandes sont regroupées d’après un code couleur identique aux précédentes versions. Pas de doute, une personne qui a déjà conduit un Agrotron s’y retrouvera facilement. Pour l’hydraulique, les commandes disposées sur le joystick multifonctions pilotent les 2 premiers distributeurs. Les 3e et 4e sont actionnés par un levier en croix qui se verrouille lorsqu’on le tourne. Le gros joystick propre à la transmission C-Shift offre une bonne prise en mains et de nombreuses fonctions s’actionnent avec le pouce. On commande ainsi deux distributeurs, le relevage et l’inverseur. Le passage des rapports réclame une pression un peu trop forte sur le joystick.

Au travail

En raison des conditions climatiques difficiles de la mi-juin, il nous est difficile de trouver des occupations à notre tracteur. La prise de force avant nous offre la possibilité de combiner une faucheuse frontale et une autochargeuse. Nous partons réaliser quelques tonnes d’affouragement en vert. Les commandes du relevage avant, plutôt discrètes, sont disposées sur la console. Deux molettes actionnent le relevage et le distributeur électrohydraulique frontal. De couleur noire, elles ne disposent pas du même code couleur que le reste des commandes. Ces deux molettes sont intuitives et permettent la mise en position flottante simplement. Le capot plongeant dégage une bonne visibilité pour l’attelage de la faucheuse ainsi que pour contrôler son travail.

Sur la route, la cabine suspendue pneumatiquement assure un bon confort. On pousse l’accélérateur à main à fond et notre moteur se régule. À 40 km/h, nous sommes à 1 600 tr/min. Pour la prise de force, la sélection de l’un des 4 régimes arrière est manuelle.

Le retour du beau temps nous permet d’utiliser notre 6140.4 au pressage. Nous l’attelons à une Krone Comprima V 150. Lors des pauses fréquentes, on regrette que Deutz-Fahr ait omis le dispositif « Stop & Go » permettant l’arrêt du tracteur simplement avec les freins, sans débrayer. Bien que notre modèle soit équipé d’un berceau pour chargeur, nous n’avons pas pu le tester sur ce terrain.

Avec 139 ch sous le capot et un gabarit très réduit, ce tracteur possède toutes les armes pour devenir le couteau suisse d’une exploitation de polyculture-élevage. Sa transmission C-Shift ajoute du confort et offre une alternative séduisante à la transmission à variation continue.

Pierre Peeters
Commande. Le joystick utilisé pour la transmission C-Shift regroupe plusieurs commandes, comme l’inverseur ou le relevage.
Réglages. Les 2 premiers distributeurs hydrauliques sont réglables en temps et en débit. Seul le débit est paramétrable sur les 3 © p.peeters
Écran. Toutes les informations concernant la transmission sont regroupées sur le montant droit. Le réglage en pourcentage de l’APS correspond à la réactivité du mode auto pour passer les rapports sous charge.
Compact. C’est en ouvrant le capot que l’on réalise la compacité de la série 6. Le bloc-moteur de 4 cylindres est pratiquement sous le volant.
Commande. Pour le relevage avant, tout se gére depuis 2 molettes. La première actionne la montée et la descente, la seconde commande le distributeur.
Information. Deux écrans sont positionnés sur le tableau de bord. Ils indiquent les régimes de prise de force, ou encore l’utilisation des distributeurs hydrauliques.
Fiche technique

    Modèle : 6140.4 C-Shift

    Moteur : 4 cylindres Deutz 4,1 l Tier4i

    Puissance maxi : 139 ch

    Transmission : 24x24 semi-powershift avec 6 gammes et 4 rapports sous charges

    Relevage : 6 200 kg

    PDF : 4 régimes

    Empattement : 2,41 m

    Hydraulique : pompe à cylindrée variable de 120 l/min en load sensing (option)

    Réservoir GNR : 240 l

    Relevage avant : 3 800 kg

Le récap
Les points positifs
  • Cabine confortable et conduite agréable

  • Plusieurs possibilités pour la transmission

  • Tracteur compact

Les points négatifs
  • Tableau de bord volumineux

  • Obligation de débrayer lorsqu’on s’arrête

  • Commandes de phares disséminées