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John Deere 5125R, un tracteur et deux concepts différents

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La commande électrohydraulique du chargeur est placée un peu loin sur l’accoudoir. Pour autant, elle offre des commandes proportionnelles et reste plaisante à utiliser. © p.peeters

Toutes options, ou juste les bases, nos deux tracteurs, même marque,

Un John Deere 5125R contre un John Deere 5125R : ce comparatif peut surprendre ! En fait, plus que le tracteur, nous avons voulu déterminer la pertinence des différentes options proposées sur ce modèle. Il est donc nécessaire de bien connaître les futurs travaux qui seront effectués par le 5125 R afin d’adapter au mieux ses équipements.

Moteur

Sur nos deux tracteurs, la motorisation est évidemment la même. Il s’agit d’un bloc maison de 4 cylindres avec une cylindrée de 4,5 litres. Donnés pour une puissance de 121 ch par le constructeur, ils délivrent au banc d’essai 120,6 ch pour le plus simple et 123,5 ch pour le tout équipé.

Pour les deux modèles, nous regrettons une chose qui manque sur la plupart des tracteurs de la marque : une mémorisation du régime moteur.

Transmission

Huit rapports sous charge d’un côté contre quatre de l’autre, c’est la principale différence entre les deux boîtes qui équipent nos engins. En effet, le 5R faiblement équipé est tout de même doté de la CommandQuad Auto, pourvue d’un mode automatique pour le passage des rapports sous charge.

Ces deux transmissions sont composées de quatre gammes robotisées (A, B, C et D) engagées grâce à des boutons. Nous pouvons sélectionner les trois premières gammes avec un bouton. En outre, avec les touches « CD », et « BCD », le tracteur passe ou rétrograde automatiquement la vitesse de C à D ou de B à D. La gamme D ne peut jamais être choisie directement par le chauffeur et n’est accessible que par cet automatisme.

Ces boîtes délivrent 16 vitesses avant et arrière pour la CommandQuad et 32 vitesses avant et 16 arrière pour la Command8. Les deux transmissions sont faciles à prendre en main. Le confort de la Command8 est supérieur à celui de la Command Quad, grâce à un meilleur étagement, et à deux fois plus de rapports en marche avant. Ces boîtes offrent plusieurs possibilités de paramétrage, comme le choix d’un rapport de démarrage. L’agressivité de l’inverseur est paramétrable selon 10 positions. L’Autoclutch, qui débraye la transmission d’un simple appui sur la pédale de frein, l’est aussi selon trois positions. Ce dernier dispositif offre beaucoup de confort lorsqu’on utilise le tracteur au chargeur frontal.

Transport

Les deux tracteurs ont réalisé plusieurs fois le même parcours avec une benne Krampe de 18 t chargée de céréales. Différents chauffeurs se sont succédé. Pour cette opération, les pneumatiques ont été gonflés à 1,8 bar. Sur cette partie, l’avantage va à notre 5125R toutes options. La transmission Command8 est plus agréable à conduire sur la route. De plus elle offre un régime moteur plus faible à 40 km/h, créant ainsi une économie de carburant. Cependant, et pour les deux modèles, il n’y a pas de vraie vitesse cible enregistrable.

Prise de Force

Malgré un grand catalogue d’options, il n’y a pas de différence pour les prises de force. Les deux tracteurs proposent les trois régimes 540/540E/1000. L’enclenchement est électrique avec un interrupteur. Le choix de la vitesse est mécanique avec un levier à l’arrière droit de la cabine qui n’est pas des plus simples à manipuler. On regrette que la vitesse de rotation réelle de la prise de force ne s’affiche nulle part, mais aussi la sélection mécanique des rapports sur le tracteur haut de gamme.

Relevage

Les relevages arrière sont différents entre les deux 5R. Le modèle basique est équipé du relevage de base qui ne dispose pas de stabilisateur automatique. De plus, une seule chandelle est réglable rapidement. Pour la seconde, il nous faut démonter la chandelle du bras de relevage pour l’ajuster. Le relevage du second tracteur est équipé d’un stabilisateur automatique d’un côté, et de deux chandelles réglables mais également d’une plus grande capacité de levage (environ 300 kg).

Le pilotage du relevage se différencie également. La version basique intègre des commandes héritées des John Deere séries 6020, avec un interrupteur pour la montée et la descente, accompagné d’une molette pour le contrôle de la profondeur, une solution simple et efficace.

Les commandes du relevage plus haut de gamme sont identiques à celles des séries R actuelles. Le relevage s’actionne avec un petit levier à côté de ceux pour l’hydraulique. Une molette est présente pour ajuster le réglage de la profondeur.

Pour les commandes auxiliaires, vitesse de descente, butées hautes, et contrôle effort/position, il faut passer par l’écran placé dans le montant avant et les commandes placées en bout d’accoudoir. Nos deux tracteurs étaient équipés d’un relevage avant Zuidberg, muni d’une prise de force.

Hydraulique

L’hydraulique du 5125R haut gamme intègre l’option de la pompe à cylindrée variable qui fournit un débit de 117,1 l/min. Les distributeurs sont électrohydrauliques. Ils s’actionnent avec des petits leviers en bout d’accoudoir, une solution typique de la marque. Ils s’ajustent comme le relevage, depuis l’écran dans le montant. Nous pouvons régler la temporisation et le débit. Notons que John Deere propose les distributeurs électrohydrauliques seulement avec la grosse pompe hydraulique optionnelle et l’accoudoir CommandArm.

Le second tracteur reçoit la pompe à engrenages standard développant un débit de 96,6 l/min. Ici les distributeurs sont mécaniques. Lors de l’utilisation de plusieurs fonctions hydrauliques en même temps, les distributeurs électroniques tombent sous la main, alors que les mécaniques sont un peu plus éloignés. Ils restent néanmoins simples et efficaces. Dans le cas d’une utilisation poussée de l’hydraulique (chargeur frontal, outils combinés avec beaucoup de fonctions), nous vous conseillons la pompe à cylindrée variable. On regrette que les distributeurs électrohydrauliques ne soient pas équipés de commandes externes, et ne puissent pas s’intégrer dans les séquences automatiques des manœuvres de bout de champs.

Châssis

Pour 125 ch, le gabarit de nos 5R est plutôt petit, voire compact. Il faut dire que c’est le plus gros modèle de sa gamme. Tout comme ses grands frères, il dispose d’un vrai châssis sur lequel est posé le moteur. La grande différence entre nos deux tracteurs, c’est le pont avant suspendu à bras indépendant d’origine Carraro. Il est proposé en option mais le tracteur doit impérativement être équipé de la pompe hydraulique de grand volume pour le recevoir. Ce pont avant augmente le poids total du tracteur de 420 kg et donc lui fait perdre en charge utile.

Le modèle haut de gamme était également équipé d’une suspension mécanique de la cabine. La différence de confort était présente entre les deux modèles mais moins importante que prévu. Cependant, sur des chemins parsemés de trous, le 5R uniquement pourvu d’une suspension de siège arrive rapidement à ses limites. Il y a également une différence pour le diamètre de braquage. Le pont avant suspendu offre un diamètre de braquage inférieur de 1 mètre. Les commandes du blocage de différentiel et l’activation du pont avant sont identiques sur les deux tracteurs. Seuls leurs emplacements diffèrent. L’activation du pont avant intègre un mode Auto.

Cabine

La structure de cabine identique sur les deux concurrents comprend 6 montants avec un bon accès grâce à trois marches à droite comme à gauche. Les deux tracteurs disposaient d’un toit avec pare-brise panoramique, ce qui dégage la vue sur le chargeur frontal.

En cabine, pas de doute ce tracteur vient des États-Unis. Il est fabriqué à Augusta en Georgie. Hormis le gabarit, on note l’inspiration et la ressemblance avec les 7R et 8R fabriqués également de l’autre côté de l’Atlantique. Différents points trahissent l’origine nord-américaine, à commencer par la colonne de direction. Elle est dépouillée et ne comprend que l’inverseur et les commandes de phares. Toutes ces commandes sont solidaires et bougent avec la colonne de direction lorsqu’on l’ajuste.

Pour sortir de la cabine, la colonne se relève facilement avec une petite pédale située en dessous. Enfin, pour les informations et les réglages des paramètres du tracteur, tout se passe dans l’écran situé dans le montant avant droit, une solution typique des tracteurs américains. Identique sur nos deux modèles, l’écran est clair et regroupe toutes les informations importantes. Pour naviguer dans la partie réglage, John Deere a équipé ses tracteurs d’une palette. Elle comprend une molette, accompagnée de touches pour valider ou revenir en arrière. Elle intègre également des raccourcis pour les réglages du relevage, de la transmission, du moteur et de l’hydraulique.

Du côté de l’ergonomie, notre modèle haut de gamme adopte l’accoudoir multifonction CommandArm de ses grands frères. Ainsi, toutes les commandes pivotent avec le siège. Pour l’autre 5R, les commandes sont en partie similaires mais placées sur la console de droite. Seules celles du chargeur sont solidaires du siège. Pour les deux modèles, nous remarquons que l’habitacle est dépourvu de rangements fermés. Il dispose néanmoins de plusieurs vide-poches et porte-gobelets.

Parmi les différences entre nos deux tracteurs, des phares à Led équipaient notre 5R toutes options, alors que le second disposait de phares halogènes classiques. Cette option assez coûteuse se justifiera seulement pour une utilisation régulière du tracteur de nuit.

Chargeur

Nos deux tracteurs étaient pourvus d’un chargeur frontal, dans les deux cas un 543R, équipé d’un parallélogramme mécanique. Le système de déverrouillage de l’outil était hydraulique sur la version haut de gamme. Pas besoin de descendre pour changer d’outil, tout se fait depuis la cabine. Le second chargeur possédait un verrouillage mécanique mais avec un réenclenchement automatique. Il fallait donc descendre pour désaccoupler l’outil mais pas pour l’accoupler. Les deux modèles sont équipés d’une suspension.

Pour l’attelage et le dételage du chargeur, le système est le même sur les deux tracteurs. Il est plutôt simple et rapide. Par sécurité, il faut utiliser ses deux mains pour déverrouiller le chargeur du bâti. Un indicateur visible depuis la cabine nous indique si le chargeur est bien verrouillé.

Pour le pilotage de ce chargeur, notre tracteur haut de gamme opte pour des commandes électrohydrauliques. Nous gérons donc les mouvements avec le petit joystick en croix placé sur l’accoudoir. Un peu éloigné, il est néanmoins ergonomique et confortable à utiliser. Toutes les commandes sont proportionnelles, y compris la troisième fonction. Pour l’autre tracteur, les commandes sont mécaniques avec un grand levier. Celui-ci est placé juste à côté du siège et tombe sous la main. De plus il pivote avec le siège. Nous sommes tout de même moins précis avec celui-ci qu’avec la solution électrohydraulique proportionnelle. Parmi les points forts, les deux joysticks (le mécanique et l’électronique) sont équipés de commandes pour l’inverseur et le passage des rapports powershift. Ainsi ils permettent de conserver la main en permanence sur le pommeau lorsque nous utilisons le tracteur à la manutention.

Conclusion

Dans l’ensemble, le 5R est un tracteur compact et polyvalent. Au chargeur comme au déchaumage, nous avons appécié prendre en mains ce modèle qui reste sur un positionnement haut de gamme. En effet, John Deere propose le 5M pour ceux qui souhaitent un tracteur plus économique. La transmission Command8 est plaisante à conduire, et aura son intérêt pour les chauffeurs réalisant beaucoup de transport ou de longues journées aux champs. Pour une utilisation en cours de ferme, les CommandQuad Auto comme manuelles assureront parfaitement le travail.

Les deux tracteurs se sont montrés plutôt confortables et la suspension de cabine mécanique est efficace. En revanche, celle de pont avant n’a pas fait une grande différence. Quitte à piocher au catalogue des options, la pompe hydraulique de grand volume nous semble un choix pertinent. Elle offrira plus de polyvalence et de réactivité à votre tracteur. Toutes options, il sera parfait comme tracteur de tête d’une exploitation de polyculture élevage. Le modèle plus accessible sera tout aussi à l’aise pour les travaux de cours, en conservant une certaine polyvalence.

Pierre Peeters

John Deere 5125R

Moteur : John Deere 4 cylindres de 4,5 l

Puissance au banc : 123,5 ch

Transmission : Command8, semi-powershift avec 4 gammes robotisées et 8 powershift.

Régime à 40 km/h : 1 695 tr/min

Prise de force : 540/540E/1 000

Débit hydraulique maximal : 117 l/min

Capacité du relevage arrière (en milieu de course) : 4 950 kg

Diamètre de braquage : 10,65 m

John Deere 5125R

Moteur : John Deere 4 cylindres de 4,5 l

Puissance au banc : 120,6 ch

Transmission : CommandQuad, semi-powershift avec 4 gammes robotisées et 4 powershift.

Régime à 40 km/h : 1 905 tr/min

Prise de force : 540/540E/1000

Débit hydraulique maximal : 96,6 l/min

Capacité du relevage arrière (en milieu de course) : 4 640 kg

Diamètre de braquage : 10,65 m

Le 5R haut de gamme est équipé de la nouvelle transmission à 8 rapports Command8 sous charge, le pont avant suspendu ou encore l’accoudoir multifonction. © p.peeters
Le 5R, faiblement équipé, dispose de quelques options comme le relevage avant, ou la CommandQuad avec le mode auto. © p.peeters
La commande mécanique du chargeur intègre des boutons pour piloter l’inverseur et les rapports powershift. © p.peeters
Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Sur le 5R haut de gamme, toutes les commandes sont regroupées à droite sur l’accoudoir CommandArm. © p.peeters
L’éclairage à Led est plus uniforme autour du tracteur, et plus agréable pour le conducteur. © p.peeters
Proposé en option, le pont avant suspendu apporte du confort mais fait perdre légèrement en charge utile. © p.peeters..
L’écran placé dans le montant avant droit se divise en deux parties, une pour les informations sur les tracteurs et une pour les réglages de l’engin. © p.peeters
Pour une utilisation occasionnelle, le pack de phares allogènes, plus accessible, suffira amplement. © p.peeters
L © p.peeters
Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Le petit levier gère les rapports sous charge et le mode auto. Les gammes sont sélectionnées avec des boutons placés à côté. © p.peeters
Le pare-brise vitré présent © p.peeters
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Cet article est paru dans La France Agricole

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