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« J’économise du film plastique grâce à mon enrubanneuse de bottes carrées »

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Prestations - « J’économise du film plastique grâce à mon enrubanneuse de bottes carrées »
L’enrubanneuse stationnaire, de Corentin Meppiel, filme des bottes rondes ou carrées, jusqu’à un format de 1,60 m × 1,20 m pour une longueur maximale de 2 m. © G. Baron

Corentin Meppiel, entrepreneur, s’est équipé d’une enrubanneuse qui accepte des balles rectangulaires. Ce format facilite certains usages et nécessite moins de plastique par volume de fourrage.

S’il existe une grande diversité de formats de bottes, celles qui sont enrubannées sont généralement des balles rondes. Pourtant, il existe des machines adaptées à celles de forme carrée. Corentin Meppiel en a acquis une d’occasion, à l’été 2020, pour sa jeune entreprise de travaux agricole CM Prestation. Cela a fait partie des premiers investissements de l’entrepreneur de 22 ans, basé à Oberschaeffolsheim dans le Bas-Rhin. « Je me lance tout juste, explique le jeune Alsacien. Si je vendais les mêmes services que les autres, je ne ferais pas ma place. Je diversifie, donc, l’offre de services et je la propose dans toute la France. »

Le boîtier radio pilote l’enrubanneuse à distance. © G. Baron

Deux bottes à la fois

L’enrubanneuse en question est une Göweil G 4010, le plus gros modèle stationnaire de la marque autrichienne, qui filme plusieurs formats de bottes. « Des bottes rondes comme des carrées, expose Corentin, jusqu’à une taille maximale de 2 m × 1,60 m × 1,20 m. Je suis aussi en mesure d’en réaliser deux petites à la fois, et réunir deux bottes qui font jusqu’à 70 cm de côté en une seule. »

Les satellites tournent au même rythme. C’est la rotation du tapis sur lequel bouge la botte qui s’adapte. Cela garantit une épaisseur de couverture homogène et une économie de 20 % de plastique par volume de matière par rapport à une balle ronde. © G. Baron

La machine possède un débit de chantier qui satisfait totalement l’entrepreneur. « Une botte est enveloppée plus rapidement que le temps d’évacuer la précédente et d’amener la suivante. J’atteins un rythme de 300 bottes par jour. » Cette cadence est notamment permise par la présence de deux satellites. Ils tournent toujours à la même vitesse et c’est la vitesse de rotation de la botte sur son tapis qui varie, pour garantir une épaisseur de couverture homogène. Selon que la botte est sur la tranche ou sur le côté plat, la tension sur le tapis n’est pas la même. Un capteur détecte cette dernière et adapte le rythme de rotation. En fonction du format et du gabarit de la balle, il est nécessaire de modifier les paramètres, comme l’écartement du tapis ou encore la position du capteur. « Une notice, avec une table, explique les réglages à appliquer selon les dimensions. L’opération se pratique sans difficulté, en une dizaine de minutes à peine. » Une partie de cette mise au point s’effectue sur la machine, et l’autre via la commande radio. Ce boîtier se branche sur une prise trois plots et permet de piloter l’engin pendant le chantier d’enrubannage, de la mise en route à l’éjection.

Pour la manipulation de ces balles carrées enrubannées, Corentin s’est équipé d’une grande pince. © G. Baron

Corentin est équipé du modèle stationnaire, qui dispose de son propre moteur. Celui-ci développe environ 25 ch et actionne l’enrubanneuse via un circuit hydraulique. « Ma machine date de 2008, mais la seule chose qui change sur les neuves, c’est le moteur. Le mien est pourvu d’un refroidissement à air, tandis que les nouveaux sont des Kubota dotés d’un refroidissement à eau. Je peux d’ailleurs remplacer le moteur sans problème. » Le modèle G 4020 est l’équivalent attelé de la G 4010. Il est animé par une prise de force.

Une clientèle variée

La clientèle de Corentin pour l’enrubannage de bottes carrées est diversifiée. « Je travaille beaucoup avec des éleveurs, précise-t-il. Pour certains, leur utilisation est plus simple : ils ont la possibilité de ne prendre qu’une partie de la botte, et la conservation est meilleure que sur une balle ronde. Aussi, ils n’ont pas à dérouler la botte, et sont à même de prendre facilement des “tranches” d’enrubanné. De plus, aujourd’hui, j’œuvre également pour un méthaniseur et j’enrubanne des Cive (1) qui servent en appoint. C’est plus aisé à gérer qu’un silo pour un usage ponctuel. » Un autre avantage des bottes carrées est celui du stockage, qui requiert moins de place. Elles s’empilent avec un risque d’affaissement réduit , synonyme de perte de qualité.

L’espace de stockage nécessaire est plus petit pour le format carré qu’en balles rondes et l’empilement génère moins d’affaissement car la masse est mieux répartie. © G. Baron

Enfin, l’intérêt principal pour les clients réside dans le moindre prix. « La consommation en film plastique est plus faible et le débit de chantier est meilleur, souligne l’entrepreneur. Cela coûte 15 à 20 % moins cher par tonne de matière. Si le pressage est correctement accompli, on ne remarque pas davantage de trous qu’en balle ronde. Quand j’opère sur une surface dure, je mets le tapis pour éviter de trouer le film lors de l’éjection. »

En outre, il arrive à Corentin de travailler pour des industriels ou des supermarchés. Il enrubanne ainsi des bottes de cartons pour les préserver de l’humidité lorsqu’elles sont stockées en extérieur.

Gildas Baron

(1) Cultures intermédiaires à vocation énergétique.

Une pince adaptée

Pour manipuler des bottes enrubannées de tous types de formats, Corentin Meppiel a acheté une grande pince. Il l’installe sur un chargeur frontal ou un télescopique, en fonction du chantier.

L’entrepreneur précise, cependant, qu’il faut utiliser davantage de puissance que pour la manutention de balles rondes. « Les bottes les plus lourdes avoisinent parfois 1,5 t. Ainsi, au moins 125 ch et un engin équilibré sont nécessaires pour déplacer ces bottes. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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