Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Je sécurise mon fourrage avec un séchoir en bottes à double flux »

réservé aux abonnés

Clim’air 50 - « Je sécurise mon fourrage avec un séchoir en bottes à double flux »
Jean-Yves Papin (à droite), aux côtés de son fils Mathieu, gère ses foins avec sérénité. Il peut faucher « dès qu’il y a trois jours de beau temps ». © G. Baron/GFA

Jean-Yves Papin est équipé d’un séchoir de foin en bottes Clim’air 50. L’équipement ventile de 6 à 12 balles et constitue une solution plus abordable qu’en vrac. Il l’utilise aussi pour sécher du maïs grain.

L’échec des foins en 2007 a marqué Jean-Yves Papin, au point qu’il investissait dès la saison suivante. Il a acquis le séchoir à bottes Clim’air 50, fabriqué en Italie, pour être moins tributaire de la météo et améliorer son fourrage. L’agriculteur bio élève un troupeau d’une trentaine de vaches laitières au cœur du Muscadet, à Tillières, dans le Maine-et-Loire. Il se rappelle ce qui l’a poussé à acquérir la machine : « Le printemps était tellement humide que le foin était médiocre, les bêtes n’en voulaient pas. » Après avoir vu un engin similaire chez un collègue à quelques kilomètres, il investit 60 000 € pour acheter ce séchoir. « Je suis plus serein pour gérer mes coupes, sourit Jean-Yves. Dès qu’il y a trois jours de beau temps, je peux faucher. »

Les seules voies de sortie des caissons pour l’air pulsé sont les bouches de ventilation qui donnent directement sur les bottes. Les deux flux arrivant face à face, l’air ressort par la tranche des bottes, assurant un séchage homogène. © G. Baron/GFA

Pressage à 30 % d’humidité

Le séchoir se décompose en deux parties : un gros bloc, sur lequel les bottes sont placées et séchées, et un plus petit, où se situent les commandes, un ventilateur électrique et une chaudière. Cette dernière fonctionne selon le seuil d’hygrométrie fixé par l’agriculteur. Elle est directement alimentée par la cuve de GNR de l’exploitation. La puissance électrique est de 18,5 kW pour un débit d’air de 31 000 m3/h. Jean-Yves Papin sèche 300 bottes par an et consomme en moyenne 1 000 l de carburant. Il existe aussi des modèles avec une chaudière au gaz. « La durée du séchage dépend de l’humidité du foin que je ramasse et de celle de l’air, annonce Jean-Yves en prenant sa sonde hygrométrique, mais aussi du nombre de bottes. » En effet, il sèche ses balles dans les 24 heures qui suivent le pressage, il faut donc ajuster le rythme au nombre de balles.

La télécommande peut être embarquée dans la cabine du tracteur pour faciliter la manutention des balles en modifiant l’espacement entre les niveaux. © G. Baron/GFA

« Là, par exemple, j’ai mis ces bottes il y a deux heures, elles étaient entre 25 et 28 d’humidité. » L’écran de l’appareil affiche désormais une humidité de 7 %, sans que la chaudière n’ait eu besoin de se mettre en route, ce qui satisfait l’éleveur. « Cela va assez vite en général. Si les conditions sont vraiment très humides, il faut au maximum dix heures pour sécher douze bottes. » Jean-Yves presse à partir de 30 % d’humidité.

La télécommande peut être embarquée dans la cabine du tracteur pour faciliter la manutention des balles en modifiant l’espacement entre les niveaux. © G. Baron/GFA

La machine est composée de deux niveaux avec six emplacements chacun. Un système de vérins gère la hauteur des planchers et du plafond pour placer et serrer les bottes. Il suffit alors de lancer la ventilation qui souffle dans quatre caissons : un au-dessus et un en dessous de chaque niveau. Le seul moyen pour l’air de s’échapper est de passer à travers les balles. Chacune d’entre elles reçoit un flux d’air venant du bas et un autre du haut, la sortie se fait par les côtés de la botte de manière homogène. À chaque flux d’air correspond une vanne. La machine peut donc fonctionner sur un seul niveau.

Le séchoir Clim’air 50 est installé à côté de la cuve de GNR qui alimente les tracteurs de l’EARL Papin. © G. Baron/GFA

Sécher aussi du grain

Côté pratique, les vérins peuvent être actionnés à l’aide d’une télécommande. Ce qui évite de devoir sans cesse monter et descendre du tracteur. L’ensemble est adaptable, et plusieurs modules de séchage peuvent être posés en série pour les plus grosses structures ou les Cuma. Quand il est complètement replié, le séchoir mesure moins de 2,5 m de haut et peut être déplacé à l’aide d’une grue. « Il suffit d’une dalle de béton et d’une arrivée électrique, explique Jean-Yves. Je ne l’ai pas bougé depuis son arrivée mais je vais le déplacer dans l’année car je construis un nouveau bâtiment. » Cette nouvelle construction sera pensée pour fonctionner avec le séchoir, grâce à un système de caillebotis et de conduite d’air qui donnera directement sur un caisson pour sécher du maïs grain. L’année dernière, Jean-Yves et son fils Mathieu avaient déjà testé cette utilisation. « Nous avions couvert les bouches et ajouté une trappe sur la sortie du caisson bas. Une gaine percée reliée à cette trappe parcourait la remorque de maïs, l’air sortait donc en séchant le grain. Le résultat était un peu hétérogène mais, avec les caillebotis, il n’y aura pas ce problème. » Sécher son maïs permettra à Jean-Yves de gagner un peu plus en autonomie.

Gildas Baron

La télécommande peut être embarquée dans la cabine du tracteur pour faciliter la manutention des balles en modifiant l’espacement entre les niveaux. © G. Baron/GFA

L’importance du pressage

Pour que le séchage des balles se déroule dans de bonnes conditions, un bon pressage est primordial. Jean-Yves dispose ainsi de sa propre presse à chambre variable Fiatagri - Hesston qui fait des bottes de 1,50 m de diamètre. « Il faut au moins cela pour que l’ensemble de la bouche de ventilation soit couverte. » Le réglage de la presse doit être maîtrisé pour assurer une homogénéité maximale de chaque botte. Dans le cas contraire, l’air trouve un chemin préférentiel à travers la balle et le séchage est hétérogène. Pour cette raison, l’éleveur préfère lier en filet plutôt qu’en ficelle.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !