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« Je consomme 50 l/hade GNR, moisson comprise »

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PERFORMANCE. Sur les 190 hectares de Damien Vinot, pas de course au rendement. Tout est calculé pour être le plus rentable possible.

Damien Vinot a opté pour un itinéraire économe et des outils peu tirants, dontle semoir d’un constructeur local.

«Notre semoir entame sa dixième campagne et il est toujours aussi peu gourmand. En moyenne, il consomme 5 l/ha », se félicite Damien Vinot. Installé sur 190 hectares, à Tronville (Meurthe-et-Moselle), il cultive blé, orge, colza, triticale, et lin oléagineux. Il conserve également un petit troupeau de dix mères charolaises, « le seul élevage restant dans le village ». Son credo, c’est la réduction des charges afin d’obtenir la meilleure marge possible. Et cela passe par la baisse de la consommation. « C’est quelque chose que je surveille de très près, insiste Damien. Pour les céréales, j’ai réussi à descendre à 50 l/ha, moisson comprise. »

Quatre rangées de dents

Cette recherche de l’efficacité s’illustre par le choix de son matériel, et en particulier du semoir. Ce dernier représente l’un des postes de consommation les plus élevés après la moisson. « J’ai toujours été contre les combinés de semis avec herse rotative. Ils sont lourds et consomment beaucoup trop de carburant », précise-t-il. Avec son père, ils n’ont pas choisi un matériel à la mode, mais plutôt opté pour un semoir à dents fabriqué par le constructeur local Costa. « C’est un outil simple et fiable, qui nécessite très peu d’entretien. Le travail est assuré par quatre rangées de dents semeuses très peu tirantes, avec un écartement de 14,7 cm », souligne l’agriculteur. « L’entraînement est mécanique et les roues de rappui, une pour deux lignes de semis, se décrottent facilement, même au printemps dans les terres difficiles. »

Avant de semer, Damien effectue trois passages avec un déchaumeur à dents Karat, une herse lourde, puis un rouleau. Sur ses terres très superficielles, il n’est pas question de revenir au labour. Le Costa pèse 2,8 t et peut accueillir deux big-bags dans sa trémie. Le seul regret de Damien est la largeur du semoir, sous-dimensionnée par rapport aux 220 ch du tracteur. « Quand nous l’avons acheté, les 5 m étaient nettement suffisants pour notre 130 ch de l’époque », rappelle son père.

Le Fendt est chaussé de 710 XeoBib à l’arrière, car l’agriculteur préfère les pneus larges, qui « répartissent la charge partout », à un jumelage.

Guidage sans margede sécurité

Pour Damien Vinot, l’efficacité passe aussi par l’assurance de ne pas travailler le moindre centimètre deux fois. Avec son guidage, il programme la largeur exacte du matériel. « Prendre une marge de sécurité de 5 ou 10 cm n’a aucun intérêt avec notre signal RTK, précise-t-il. L’outil fait 5 m, je paramètre le guidage pour cette dimension. » Damien a mesuré l’importance du recouvrement entre les passages lors de sa première campagne avec le guidage GPS. « Au fur et à mesure que j’avançais dans la parcelle, je voyais les passages de pulvé qui se décalaient. Ce qui montre que, même en étant concentré sur la conduite, il y a du recouvrement et donc de la marge supplémentaire à aller chercher. »

Texte et photos Corinne Le Gall

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3. RESSORT. Les dents sont montées surune lame de ressort. La partie travaillante est renforcée.
Remettre en question les pratiques

Comme son père avant lui, Damien Vinot a travaillé dans l’industrie et les machines à commandes numériques avant de s’installer. De cette précédente expérience, il a gardé la volonté de se remettre en question en permanence. Sans avoir l’objectif d’une conversion en bio, il cherche néanmoins à diminuer ses IFT, toujours pour améliorer sa marge. « Il suffit parfois de choses simples, explique-t-il. Par exemple, cette année, je suis le dernier du secteur à semer de l’orge. Mais en implantant la culture tardivement, je gagne un passage d’herbicide. Et pour la deuxième campagne consécutive, j’enrobe les semences d’une algue simulant les défenses naturelles. »

Côté fertilisation, Damien innove aussi avec du fumier de volaille, compacté en pellets et épandu au distributeur centrifuge classique.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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