Daniel Drapeau, salarié sur l’exploitation de polyculture-élevage d’Emmanuel Veron, a réalisé un rouleau pour détruire les cannes de tournesol après récolte.

Emmanuel est installé à Doué-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire. Converti au bio depuis peu, il cherche à éviter le passage systématique de la charrue. « J’utilise régulièrement mon déchaumeur à disques indépendants (DDI) pour préparer mes terres. Cependant, j’avais un problème, lorsque je déchaumais mes tournesols, il restait de grandes cannes et elles se coinçaient dans mon semoir. J’ai donc réfléchi, avec mon employé, à une solution afin de résoudre ce problème. Pour la surface que je fais, je ne voulais pas investir dans un matériel neuf, j’ai préféré en construire un. »

Les masses « jerricanes » prennent place aux extrémités du rouleau, afin d’augmenter son effet et améliorer sa stabilité. © P. Peeters/GFA

Un rouleau pour 270 euros

La machine, fabriquée en 2021, a nécessité environ trente-cinq heures de travail dans l’exploitation. « Tout a été soudé à l’arc », précise Daniel. Ce rouleau de 3 m de large, comparable à un rouleau Faca, est constitué de trois parties de 1 m, soudées entre elles. Sur ce cylindre de 3 m de large, le salarié a soudé des fers plats pour obtenir des lames.

« Nous avons simplement acheté les deux roulements et l’axe central. Pour le reste, le châssis est entièrement artisanal. En totalité, ce rouleau a coûté environ 270 euros », se félicite Emmanuel. De plus, pour améliorer sa stabilité mais aussi pour augmenter son action sur les tiges, des masses « jerricanes » ont été rajoutées de chaque côté de l’outil. « En tout, il y a 450 kg de masse en plus. À lui seul, le rouleau pèse déjà 600 kg, indique-t-il. L’idée de notre réalisation est de coucher les cannes de tournesol, puis de les hacher avec le rouleau pour produire des morceaux d’environ 15 cm de longueur. »

Les tiges de tournesol sont découpées en morceaux égaux d’environ 15 cm de longueur. © P. Peeters/GFA

En effet, Emmanuel implante ses cultures avec un vieux semoir mécanique, peu efficace en présence de résidus. « Avec des morceaux de cette taille, j’arrive à passer avec le semoir sans créer d’effet râteau », explique-t-il.

Mieux qu’une masse

Au travail, le rouleau est monté à l’avant du tracteur et fonctionne le plus souvent avec le DDI à l’arrière. « En combinant les deux, je ne fais qu’un passage. Le rouleau me sert de masse lors des fourrières, toutefois il est en flottant au travail, c’est par conséquent un poids utile », révèle Emmanuel.

Pour assurer un travail satisfaisant, l’ensemble avance entre 10 et 12 km par heure. « Dans l’idéal, il faudrait presque des tôles pour protéger le tracteur des projections. On verra peut-être pour en réaliser prochainement », conclut l’agriculteur.

Pierre Peeters