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« J’ai construit un outil pour alimenter mon râtelier »

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Pratique. Antoine a conçu une pince adaptée, pour placer les balles au-dessus du râtelier sans manœuvrer avec le télescopique. © P. Peeters/GFA

Antoine Laqueue, fils d’agriculteur dans les Ardennes, a réalisé une pince adaptée à l’alimentation des râteliers.

Antoine Laqueue, du haut de ses 19 ans, est étudiant en deuxième année de BTS agricole. Ce qui ne l’empêche pas d’être depuis longtemps impliqué sur l’exploitation de polyculture-élevage de son père. Située à Flaba dans le nord des Ardennes, celle-ci comprend un troupeau de vaches laitières et un troupeau de vaches allaitantes. Les génisses ainsi que les allaitantes sont (entre autres) nourries au foin dans des râteliers. On en compte deux pour le moment, mais l’agriculteur souhaiterait passer à quatre. Confronté à un problème de place dans le couloir d’alimentation (qui sert également aux vaches en lactation, logées de l’autre côté), Antoine a réalisé une pince à balles adaptée à la problématique pour équiper son télescopique. « On n’avait pas la place de manœuvrer pour se positionner de biais avec le télescopique afin d’alimenter nos râteliers. Il fallait donc trouver une solution pour déposer les balles au-dessus des vaches tout en conservant le télescopique dans l’alignement du couloir d’alimentation. »

Sa solution est une pince montée sur une poutre, décalée de plus de 2 m par rapport au tablier du télescopique. Elle est perpendiculaire au tablier et permet de prendre les balles par le haut. Antoine n’a plus qu’à la positionner ensuite au-dessus du râtelier pour y déposer une balle. « La porte du bâtiment fait 3,80 m de largeur, on peut donc rentrer et sortir avec la pince accrochée », précise le jeune inventeur.

150 heures de travail

La réalisation date de 2015. « J’ai récupéré les griffes sur une pince en concession, pour tout le reste, c’est réalisé maison. » Il faut dire que ce féru de mécanique n’en est pas à sa première réalisation (voir encadré). Près de 150 heures ont été nécessaires pour concevoir sa pince, entièrement soudée à l’arc. « J’ai pris un IPN pour fabriquer la poutre principale, il fallait qu’elle résiste au poids d’une balle de foin à deux mètres du tablier. » En plus des soudures et du travail de l’acier, Antoine a dû réaliser un circuit hydraulique pour alimenter le vérin. Pour les flexibles hydrauliques, il a reçu l’aide de son concessionnaire, qui est équipé des outils adaptés. La pince fonctionne avec la troisième fonction du télescopique, comme une pince classique. Le tablier est bien sûr adapté pour le système d’attelage des Merlo. Antoine a également dû adapter l’hydraulique à celle du Merlo, en ajoutant un clapet anti-retour pour que la pression dans le vérin reste constante et ainsi que la pince reste fermée lors de la manutention des balles.

Pierre Peeters
Ses autres réalisations

Passionné d’agriculture, mais également de mécanique, Antoine a commencé à souder à 14 ans. On lui attribue déjà plusieurs réalisations ou rénovations sur l’exploitation. Son dernier projet ? Un attelage 3 points (photo) à accrocher sur le chariot télescopique pour manipuler les outils. « Ce système permet de déplacer des outils rapidement de façon plus sécurisée et plus simple. » Antoine a choisi de faire les crochets d’attelage réglables en écartement pour qu’ils s’adaptent aux différentes machines de la ferme. « J’ai également ajouté un piton au centre du cadre, pour manipuler des remorques. » Hormis les crochets d’attelage achetés en pièces détachées, tout le reste est artisanal. Antoine vient d’ailleurs d’investir dans un poste à souder semi-automatique.

Attelage 3 points à accrocher sur le chariot télescopique pour manipuler les outils. © P. Peeters/GFA
Réalisation. Antoine n’a que 19 ans mais soude et travaille l’acier depuis plusieurs années. Il a ainsi refait la porte de la benne que l’on aperçoit en arrière-plan. © P. Peeters/GFA
Fabrication. Seuls la pince et le vérin ont été récupérés, le reste a été réalisé par Antoine. © P. Peeters/GFA
Porte. Pas de soucis pour rentrer dans le bâtiment avec une porte de 3,80 m de largeur. © P. Peeters/GFA
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Cet article est paru dans La France Agricole

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