C’est le fruit des recherches menées par les professeurs Hussein Abdullah et Medhat Moussa, leur objectif étant de résoudre la problématique de la récolte au cœur des serres. Celle-ci s’avère être la tâche la plus longue et pénible. Elle représente 30 % du coût de production des fruits et légumes de serres.

L’idée des deux chercheurs a donc été d’automatiser l’opération afin de réduire cette charge financière et de pallier la pénurie d’employés. C’est ainsi que le Gigas (Guelph Intelligent Green House Automatic System) a fait son apparition. Ce bras robotisé se déplace sur un rail le long des plantes.

Lorsqu’il passe devant un pied, il est capable grâce à une intelligence artificielle, de reconnaître les fruits ou légumes mûrs pour la récolte. Il les saisit et les cueille à l’aide d’un grappin dimensionné spécialement pour le fruit. Il le dispose ensuite dans un bac de conditionnement avant de lui retirer les dernières feuilles. Chaque élément récolté est donc cueilli à maturité.

Plus besoin d’effectuer d’incessants allers-retours dans les serres pour récolter chaque fruit au moment idéal. Le capteur du robot est également capable de détecter l’apparition de parasites ou maladies de manière fine et précise. Cela permet au maraîcher d’anticiper la prolifération en retirant ou traitant la plante contaminée. Le Gigas est pour l’instant destiné aux tomates, concombres et poivrons.

Faire pousser des plantes dans l’espace

L’université de Guelph est spécialisée dans les cultures de serres. Au sein du campus, se trouve un institut de recherche pour les cultures grandissant en environnement contrôlé.

Cette station permet de diagnostiquer l’effet de changement de couleur de la lumière sur les plantes. © L. Coassin

La finalité de ces recherches et de la création du robot Gigas est de présenter une serre intelligente capable d’être envoyée dans l’espace pour y faire pousser des plantes sans intervention humaine. Le professeur en charge des recherches espère envoyer et faire pousser la première plante sur la lune d’ici à un an. De manière plus pragmatique, les technologies développées comme l’influence de la couleur et l’intensité lumineuse sur certaines plantes, sont surtout destinées aux maraîchers qui, eux, ont bien les pieds sur terre.

Loris Coassin