La correction de signal RTK s’impose peu à peu comme une solution incontournable pour réaliser de l’autoguidage avec une précision centimétrique. Concessionnaires et coopératives proposent très souvent un accès à leurs bases RTK, moyennant un abonnement. Mais dans les secteurs vallonnés ou dans les parcelles bordées par des forêts, ce signal est dégradé, voire absent.

La seule solution pour bénéficier d’une correction RTK est alors de disposer de sa propre balise, placée au bord du champ. Mais cette solution a un coût, entre 10 000 et 15 000 euros selon le modèle et ses performances. Les plus bricoleurs peuvent désormais construire leur propre balise de A à Z grâce aux ressources et guides du projet Centipède. Seule condition : accepter de partager le signal de la balise.

Un réseau ouvert et gratuit

Le projet Centipède vise à créer un réseau de bases RTK ouvertes et disponibles pour toute personne se trouvant dans la zone de couverture. Le réseau est étendu par des instituts publics, des particuliers, des acteurs privés comme les agriculteurs ou d’autres partenaires publics.

L’objectif du projet est d’offrir une couverture complète du territoire métropolitain. Il est soutenu financièrement par l’Inrae et a bénéficié dès son démarrage en 2019 de moyens mutualisés entre des instituts de recherche, des organismes publics, des agriculteurs et des entreprises privées.

Autour de 500 euros

Pour fabriquer la balise, il suffit de suivre le lien du tutoriel sur le site du projet Centipède. Une liste des éléments indispensables à la construction permet de commander rapidement les composants. L’ensemble revient à 500 euros environ. Les deux éléments les plus coûteux sont le module GNSS et l’antenne.

La partie informatique est assurée par un mini-PC Raspberry Pi, qui coûte moins de 50 euros. Les logiciels sont gratuits et téléchargés sur le site du projet Centipède. Les fournitures électroniques bénéficient d’un rabais lorsqu’elles sont commandées en nombre (plus de 5), il peut donc être intéressant d’embarquer vos voisins ou collègues de Cuma dans l’aventure.

Une fois les fournitures réunies, il suffit de suivre le tutoriel du site. L’assemblage ne présente pas de difficulté technique particulière. Une fois la base opérationnelle, il faudra paramétrer son positionnement puis la déclarer sur le réseau Centipède.

Là encore, les étapes sont bien détaillées sur le site internet, mais l’interface du logiciel et du Raspberry Pi peut déconcerter les plus allergiques à l’informatique. Une fois cette base construite, vous pouvez l’utiliser pour guider vos outils, en la sélectionnant et paramétrant sa position dans le terminal du tracteur.

Corinne Le Gall