Les technologies de production d’énergies renouvelables n’en finissent pas d’évoluer. Parmi les innovations dans ce secteur, celle de Jean Foyer, dirigeant de Qairos Energies, sort du lot. En partant de biomasse agricole, le procédé de l’entrepreneur sarthois permet de produire de hydrogène, ou dihydrogène, du méthane et du dioxyde de carbone (CO2) liquéfié.

En test avec du chanvre

Il travaille sur ce projet en partenariat avec, entre autres, la coopérative des Fermiers de Loué et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Le système fonctionne pour le moment avec du chanvre, une tête d’assolement intéressante grâce à son pouvoir étouffant sur les adventices et ses racines pivots qui travaillent la structure du sol en profondeur.

La gazéification par contact permet de transformer la plante en monoxyde de carbone et en dihydrogène, qui peuvent ensuite réagir avec du CO2 pour donner du méthane. Cette réaction a lieu à une température de 1 000°C. Elle est dite « autotherme » et s’entretient donc toute seule. L’intégration de déjections animales au processus est en cours de développement.

Un démonstrateur d’une puissance de 5,5 MW

Les travaux de construction du site pilote commencent dans les mois qui viennent. L’objectif est de démarrer la production au début de l’année 2022. Cette première centrale aura une puissance de 5,5 MW, dont 0,5 sous forme de chaleur. Les 5 MW restants correspondent à la production de gaz.

C’est l’équivalent d’un méthaniseur conséquent de 450 Nm³/h (1) en injection ou bien une production d’hydrogène de 180 kg/h, pour alimenter des véhicules à l’hydrogène. En sortie du site de production se trouve également du CO2 sous forme liquide, qui sera revendu au secteur agroalimentaire. L’objectif est d’offrir une solution pour une production locale et durable de gaz, tout en valorisant des coproduits agricoles.

G. Baron

(1) Normo m³ : représente 1 m³ de gaz à la pression atmosphérique.