On pourrait croire à un poisson d’avril et pourtant, c’est bien vrai : des éleveurs hollandais sont en train de tester un urinoir pour vaches. Baptisée Cow Toilet, cette solution est en développement depuis plusieurs années chez Hanskamp. L’idée derrière cette technique est de réduire les émissions d’ammoniac à la source en évitant que l’urine se mélange aux bouses. Ça, c’est pour la partie physico-chimique de l’innovation. Toute la difficulté est bien sûr d’inciter les vaches à aller uriner dans ces toilettes.

Stimuler les nerfs pendant la distribution du concentré

Pour déclencher la miction, les ingénieurs de Hanskamp ont développé un dispositif capable de stimuler un nerf placé au-dessus de la mamelle. Dès que ce nerf est sollicité pendant 10 secondes, les vaches se mettent à uriner. Pour motiver les animaux à se rendre aux toilettes, le dispositif est installé sur les tubulaires du Dac. La vache se rend donc volontairement à l’urinoir pour y recevoir une dose de granulés.

Le Cow Toilet bascule à l’arrière de l’animal dès qu’il est identifié par le Dac. Il se pose sur les ligaments de la mamelle et suit les mouvements de la vache afin de stimuler le nerf. Dès que la vache se met à uriner, le liquide est recueilli dans le réservoir du système Cow Toilet puis aspiré et stocké séparément.

Utiliser l’urine comme fertilisant

L’urine pure peut être utilisée comme matière première pour la fertilisation de précision, par exemple. En outre, des développements sont en cours, pour l’utilisation de l’urine dans la production de courant « jaune » ou encore comme source d’hydrogène. Hanskamp est d’ailleurs à la recherche de start-ups qui souhaitent travailler au développement de solutions pour tirer le meilleur parti de l’urine récoltée par le Cow Toilet. Le dispositif est actuellement en test sur plusieurs exploitations néerlandaises et Hanskamp prévoit de le commercialiser à partir de la mi-2020.

Corinne Le Gall