La start-up australienne Growave vient de réaliser une levée de fonds pour accélérer la phase de tests et de démonstrations de sa machine de désherbage par micro-ondes. Le chercheur à l’origine de cette entreprise, Graham Brodie travaille depuis un certain nombre d’années sur ce type de technologie, au moment où la résistance aux herbicides s’est faite de plus en plus forte.

C’est en 2007 que ses recherches prennent un tournant avec la création d’une première machine. Créée à partir d’une base de four micro-ondes, elle lui permet de commencer ses essais. Ce n’est que plus tard qu’un engin capable de confiner l’énergie dans un petit espace pour se montrer efficace voit le jour. L’amélioration de celui-ci conduit aujourd’hui à la naissance du prototype et de l’entreprise pour son développement et sa commercialisation.

Un prototype pour convaincre

L’appareil actuellement en test repose sur une remorque tractée par un véhicule utilitaire. Elle embarque quatre générateurs de micro-ondes de 2 kW. « Un dimensionnement faible mais adapté aux démonstrations », explique le chercheur. Il raconte également avoir réalisé ses essais dans différentes conditions climatiques. Légère pluie et vents n’ont, selon ses dires, pas altéré les capacités de son engin. Ce qui offre des plages d’intervention plus larges.

L’engin s’avère capable de maîtriser les adventices à des stades avancés « à hauteur de genoux ». C’est au niveau du sous-sol que les premières limites se font ressentir. Les micro-ondes peuvent atteindre jusqu’à 5 cm de profondeur. Les dommages sur la vie biologique du sol s’en font alors ressentir. Le chercheur rassure cependant, car la pénétration des ondes est très limitée au-delà de cette profondeur. De plus, il constate qu’un retour des bactéries dans le sol se perçoit un mois après l’intervention.

Encore en phase de démonstration pour convaincre sur son efficacité, une machine plus aboutie est à même de voir le jour pour la gestion des résistances aux herbicides en grandes cultures et pour l’horticulture. Le chercheur envisage même d’installer le système sur un robot à énergie solaire dans un futur proche.

D’autres entreprises sur le coup

Graham Brodie n’est pas le seul à miser sur cette technologie. La start-up internationale Eleos Robotics surfe aussi sur cette vague, en proposant d’aller encore plus loin. Son robot utilise aussi l’intelligence artificielle. Il reconnaît les adventices pour appliquer ses ondes de manière ciblée ou sur des zones prédéfinies par une carte de préconisation. Entièrement autonome, il se déplace et revient sur son espace de chargement sans intervention.

Loris Coassin