Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Des outils de pointe pour gérer et valoriser le pâturage

réservé aux abonnés

Nouvelles technologies - Des outils de pointe pour gérer et valoriser le pâturage
Deux vaches équipées d’un collier Chronopature suffisent pour attester de la durée de pâturage du troupeau. L’autonomie des colliers est d’au moins dix-huit mois. Lors de la mise en route, l’éleveur cartographie ses parcelles dans la plateforme numérique. © Adventiel

Les nouvelles technologies se glissent aussi dans des systèmes herbagers. Elles aident à optimiser la ressource en herbe ou à gagner en traçabilité.

Les systèmes extensifs et herbagers ne sont pas forcément dénués d’outils high-tech. Depuis quelques années, des technologies émergent pour améliorer la valeur ajoutée des systèmes pâturant.

Il peut s’agir d’outils d’aide à la décision, comme de suivi et de traçabilité.

Chronopature, pour les laiteries et les éleveurs

Récompensé d’un Inel d’or à l’occasion du Space, Chronopature vise à offrir une solution pour attester de la durée de pâturage et obtenir une meilleure valorisation du lait par les laiteries. Cet outil, développé par le groupe Adventiel à travers sa filiale SGPI, repose sur des colliers connectés. Il suffit d’équiper deux animaux par troupeau laitier. Lors de la mise en route, l’éleveur cartographie ses parcelles dans la plateforme numérique. Les colliers, équipés de GPS, calculent automatiquement la durée passée dans les prairies par le troupeau.

En recoupant le carnet de pâturage numérique et les données satellites, Chronopature donne une estimation géolocalisée de la biomasse d’herbe disponible. Armé de ces informations, l’éleveur pourra optimiser ses paddocks. © Adventiel

Si cet outil est au service des laiteries, il est également pensé pour les éleveurs. Le carnet de pâturage est ainsi complètement automatisé. L’autonomie des colliers est d’au moins dix-huit mois. Ils économisent leur énergie en ne transmettant des informations que lorsque les accéléromètres détectent que les animaux sont dans une phase d’activité. En parallèle, Chronopature développe un module complémentaire, qui recoupe ces données avec les images satellites de Sentinel 2. Le logiciel estime la biomasse à chaque passage des satellites, tous les cinq jours. Le projet a piqué l’intérêt de nombreux éleveurs lors du Space et du Sommet de l’élevage.

L’herbomètre connecté au téléphone simplifie et améliore la mesure de la quantité d’herbe disponible dans une parcelle. © Grasshopper

L’entreprise envisage une offre directement à destination des exploitations, mais souhaiterait pour cela étoffer les services proposés. Les accéléromètres permettent d’acquérir des données exploitables à l’échelle de l’individu, mais l’idée reste d’équiper le moins d’animaux possible du troupeau. Des capteurs d’ambiance pourront cependant se trouver précieux pour obtenir des données utiles, tant lorsque le troupeau est en extérieur qu’au bâtiment.

Caméra et pâturage tournant

Copeeks développe des solutions qui reposent sur la combinaison de caméras et d’intelligence artificielle, initialement destinées aux élevages en bâtiment de bovins, comme de monogastriques. Un projet est actuellement mené sur un troupeau allaitant, pour optimiser le pâturage tournant dynamique. La caméra est positionnée sur un mât rotatif fixé sur l’abreuvoir, le point pivot de la rotation des paddocks. Un petit panneau solaire et une batterie assurent son fonctionnement. L’éleveur garde un œil sur le troupeau à distance.

La caméra est placée au-dessus de l’abreuvoir, au point pivot du pâturage tournant dynamique. Lorsque l’éleveur change les animaux de paddock, il n’a qu’à effectuer une rotation au mât. © Copeeks

Pour limiter le flux de données et les besoins en connexion haut débit, l’outil prend des photos suivant un intervalle prédéfini. Il peut, par exemple, s’agir d’une phase de 15 minutes d’observation, avec des photos prises chaque minute, avec un espacement de 45 minutes entre chaque phase. Une intelligence artificielle est capable de distinguer les animaux et de déterminer leur posture. L’idée est de compter le nombre de bêtes couchées ou debout dans différents zonages du paddock. La répartition des animaux met en avant l’hétérogénéité de pousse de l’herbe dans la parcelle. Lorsque la concentration des ruminants s’effectue dans une zone en particulier, cela révèle que le reste du paddock a un niveau d’herbe faible, et qu’il est donc temps de changer de paddock.

Le logiciel de Copeeks repère les animaux et leur positionnement. À partir de leur répartition dans le paddock, l’éleveur repère le moment opportun pour faire tourner le pâturage. © Copeeks

Les premiers résultats sont intéressants et correspondent aux attentes des éleveurs. L’entreprise poursuit donc ce champ d’étude. Elle a ainsi prévu d’étudier, à la prochaine saison de pâturage, si le comportement exprimé par les animaux correspond à une utilisation optimale de la ressource en herbe. À titre d’exemple, l’observation de la proximité des animaux avec les clôtures pourrait révéler qu’il est temps de passer au paddock suivant. Le système de Copeeks va également être relié à un compteur d’eau sur l’abreuvoir, pour faciliter le suivi de cette donnée. L’objectif est notamment de limiter les déplacements inutiles pour l’éleveur vers des parcelles éloignées.

Gildas Baron

L’herbomètre connecté, gain de temps et de précision

Des herbomètres à plateau connectés sont proposés depuis déjà quelques années sur le marché. Les deux principaux fabricants viennent de pays à la pointe du pâturage : JenQuip, de Nouvelle-Zélande, et Grasshoper , d’Irlande. Chaque mesure s’effectue en une fraction de seconde. Un point GPS est affecté à une hauteur d’herbe mesurée automatiquement. L’éleveur n’a qu’à marcher à travers sa parcelle en appuyant régulièrement l’herbomètre au sol. L’outil est relié à une application de téléphone ou de tablette, qui enregistre en direct les données. Le calcul de l’estimation de la densité en kg de MS/ha s’effectue automatiquement. La facilité et la rapidité de chaque mesure poussent à en effectuer un grand nombre et à trouver une valeur moyenne plus fiable. Par ailleurs, l’hétérogénéité intraparcellaire est directement mise en avant. Comptez entre 1 000 et 1 600 € pour ces modèles connectés. La précision des mesures dépend cependant de l’utilisateur et de la pression qu’il met sur l’outil en appuyant dessus. Si la mesure n’est pas forcément irréprochable, elle reste plus précise que celle d’un herbomètre manuel classique et l’ordre de grandeur est toujours bien estimé.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !