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Des installations autonomes pour économiser du temps d’astreinte ainsi que de la paille

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Opérations de paillage - Des installations autonomes pour économiser du temps d’astreinte ainsi que de la paille
L’Ariane 120 du constructeur Altec offre un paillage automatique précis dans des bâtiments exigus. Celui-ci se déplace sur un monorail intégré dans la bergerie ou la stabulation, couvrant ainsi 100 % de la surface. © Altec

Trois solutions sont proposées pour faciliter ou automatiser les opérations de paillage au quotidien, en supprimant totalement la manipulation à la main des bottes dans les stabulations.

Alors que la traite et l’alimentation ne cessent de s’automatiser, le paillage reste l’action quotidienne chronophage qui nécessite une intervention humaine fastidieuse.

De plus en plus d’éleveurs souhaitent robotiser tout ou partie de cette astreinte. Par conséquent, plusieurs constructeurs proposent différents modèles de système de paillage s’adaptant aux bâtiments, et aux configurations de logement, présents sur les exploitations agricoles. Et, surtout, pouvant convenir à l’ensemble des espèces (ovins, caprins, bovins, etc.).

Le modèle automatisé de pailleuse, du constructeur Schauer, s’appuie sur une distribution de la paille par des tuyaux troués suspendus dans lesquels se trouvent des chaînes de transfert. © Schauer

Évaluer les bâtiments déjà existants

Seulement, il est important, avant tout, pour construire son projet, de déterminer le nombre de sites, la distance d’implantation des différents bâtiments et les circuits d’approvisionnement. Le point crucial est d’évaluer si les bâtiments déjà existants sont en mesure d’accueillir un système de paillage simplifié, ou si cela demande une modification structurelle trop conséquente.

Ainsi, la chambre d’agriculture du Centre-Val de Loire et celle de la Nouvelle-Aquitaine précisent que le prix pour un système de paillage automatique oscille entre 40 000 et 90 000 €, en fonction de la longueur des circuits, de la capacité d’approvisionnement et de l’automatisation partielle ou totale du paillage.

Le robot Sentinel 2, de Dussau, fonctionne comme un canon à paille. Grâce à deux caméras, l’une thermique et l’autre classique, il détermine la densité de paille déjà présente et celle à apporter. Le robot permet aussi de pailler avec différents types de litières (miscanthus, plaquettes de bois, etc.). © Dussau

Suspendues sur rail

Certains constructeurs comme Bories Equipment, EHB, Altec, Galonnier, Kuhn TKS et GEA ont décidé de développer le principe du ballot de paille directement installé sur une nacelle afin de pailler plus simplement par le haut des stabulations. Généralement, ce type de pailleuse implique d’être pilotée, soit en étant installé sur la nacelle, soit via une télécommande. En plus de pailler l’aire de repos, certaines machines distribuent également l’alimentation. C’est le cas de la solution d’EHB qui est directement fixée sur les cornadis. L’engin est donc capable d’éparpiller la paille à droite et à gauche du tapis d’alimentation comme de distribuer l’aliment directement sur le tapis.

Avec chaîne de transfert

D’autres constructeurs optent pour une solution de paillage différente. C’est notamment le cas de Schauer qui présente un équipement avec lequel l’éleveur se contente d’approvisionner un caisson d’alimentation avec des bottes carrées ou des balles rondes. La paille est ensuite envoyée dans le circuit de distribution, via une chaîne de distribution, et est déversée dans des tuyaux de répartition. En fonction des programmes sélectionnés par l’utilisateur, l’opération se fait automatiquement à heure fixe, avec une densité donnée et précise.

Automatique avec alimentation­pneumatique

Le constructeur Dussau offre une solution de convoyage de la paille, via des tuyaux d’air comprimé, appelé Cœur Éco-paille. Elle est composée de 18 modules en option, dont l’aspiration des poussières, un « pré-cutting », afin d’avoir la longueur de brin souhaité, et un « multi-cutting » pour adapter automatiquement la longueur de brin à l’endroit voulu. Certains modules donnent l’avantage d’incorporer des matières solides et liquides, ainsi que la préparation-distribution d’aliments allant de la soupe (porcs) jusqu’à la pâtée (composée de 50 % d’eau, 50 % de farines). Ce dispositif s’emploie également pour la pré-extinction d’incendie car il est aussi en mesure de transporter de l’eau.

Un canon pour distribuer la matière

Ce système est alimenté par un caisson accueillant une à deux bottes rondes ou carrées, et jusqu’à seize bottes, en option, grâce à une table de stockage automatisée. La distribution se réalise de deux manières. En paillage semi-manuel, directement avec le tuyau souple suspendu, manipulé comme une lance à eau par l’éleveur de façon à couvrir la zone souhaitée, et jusqu’à 6 m de projection. Ou alors avec le robot Sentinel. Ce dernier se pilote soit manuellement via une télécommande sans fil, de sorte à mettre davantage de paille dans les endroits souhaités, soit en complètement automatique. À cet effet, il est équipé d’un canon à paille combiné à une caméra classique et une autre thermique. La première permet à l’éleveur de surveiller le travail du robot tandis que la seconde analyse la température et le taux d’humidité de la litière afin de déterminer automatiquement les endroits où la paille doit être déposée, et y mettre la densité souhaitée.

P. Denis

Attention aux risques

Le paillage est soumis à de nombreux facteurs de risques comme le fait d’être bousculé par les bêtes, l’écrasement par les bottes ou encore la chute lorsqu’il y a nécessité de monter sur le tas de paille. Les risques existent aussi lors de l’utilisation d’une pailleuse, avec le happement et la projection de pierres. Dans le cas d’un paillage manuel, ils sont liés à l’emploi de la fourche, avec les coupures et les piqûres. Enfin, la poussière est un élément auquel il faut faire attention, qui concerne aussi bien l’homme que les animaux, pour prévenir les potentiels problèmes respiratoires.

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