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Consommer sa propre électricité pour une meilleure rentabilité

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Adaptations - Consommer sa propre électricité pour une meilleure rentabilité
Le séchage de fourrage est un bon moyen de valoriser sur place l’électricité photovoltaïque produite à la ferme. Cependant, sa consommation saisonnière et ponctuelle n’est pas adaptée à la tarification actuelle. © G. Baron

L’utilisation sur place d’électricité solaire produite à la ferme est de plus en plus rentable. Le défi est de faire coïncider la production et la consommation.

Le tarif de vente d’électricité photovoltaïque diminue constamment tandis que la facture énergétique augmente. À ce titre, l’autoconsommation devient de plus en plus rentable. Jusqu’à présent, la vente du surplus de production injecté dans le réseau se fait au rabais. « De nombreux agriculteurs qui étaient intéressés par ce dispositif ont abandonné, regrette Cécilia Inostroza, directrice commerciale chez Terre Solaire. Si la consommation sur place n’atteint pas 70 à 80 %, ce n’est pas rentable. » Cela devrait changer prochainement et favoriser le développement de la valorisation de l’électricité solaire produite à la ferme (lire l’encadré).

Adapter son matériel

Différentes solutions existent pour adapter les besoins en énergie à la production photovoltaïque. Dans les élevages laitiers, le changement de système de traite ou de refroidissement est ainsi un moyen de valoriser son électricité. « Nous avons des clients qui autoconsomment plus de 90 % de l’énergie produite avec des robots de traite », illustre Cécila Inostroza. Le tank à eau glacée présente aussi un sérieux avantage, en décalant le besoin en énergie du refroidissement. L’entreprise Enerfox propose même de maximiser l’autoproduction, en pilotant les consommations du tank en se basant sur les prévisions météorologiques. Le chauffage de l’eau ou encore les racleurs de stabulation sont aussi des solutions simples pour développer son autoconsommation.

D’autres adaptations en élevage sont possibles. « Nous avons un client en volaille qui a un système de traitement d’effluents adapté, explique Nicolas Samon, responsable développement commercial chez Enerfox. Les fientes sont conduites au séchoir par un convoyeur. Le séchage réclame dix heures de ventilation par jour et peut être programmé aux heures d’ensoleillement maximal. » Le développement des outils de manutention électriques est actuellement timide, mais la croissance de l’autoconsommation devrait leur être favorable en les rendant compétitifs.

Une autre solution est d’adapter sa production autant que possible. Les installations photovoltaïques exposées est-ouest peuvent ainsi trouver un regain d’intérêt. La production totale d’électricité y est plus faible, mais correspond parfois davantage aux horaires de consommation. C’est le cas des traites matin et soir. « L’important c’est de faire une analyse sérieuse des consommations, souligne Cécilia Inostroza. Il faut regarder heure par heure et sur toute l’année les besoins électriques pour faire le choix le plus judicieux. »

Utile en diversification

Les activités de diversification impliquent parfois des consommations d’énergie. L’autoconsommation pourra alors améliorer leur rentabilité. La transformation à la ferme en est un exemple. Le travail dans les laboratoires s’effectue souvent de jour. Les pics de consommation peuvent avoir lieu lorsque le soleil rayonne.

Enfin, la production de biométhane est aussi gourmande en électricité, pour épurer et compresser le gaz. Diversifier ses activités en vendant moins d’électricité, mais en la valorisant mieux peut ainsi être une stratégie gagnante.

G. Baron

Évolution tarifaire

Un projet d’arrêté tarifaire, en cours de validation, autoriserait à vendre le surplus de production au même tarif que ceux qui injectent en totalité dans le réseau. L’autoconsommation serait alors rentable dès le premier kilowatt-heure (kWh) utilisé sur place. « Le coût de revient précis dépend de nombreux facteurs, explique Cécilia Inostroza. Mais chez nous, en Normandie, qui n’est pourtant pas la région la plus ensoleillée de France, cela reviendrait à moins de 6 cents/kWh sur vingt ans. » De plus, les panneaux solaires continuent à produire après cette durée. « La rentabilité est très sensible à l’évolution du prix de l’énergie, rappelle-t-elle. L’estimation du taux d’accroissement du prix de l’énergie est un pari. Certains tablent sur 1,5 % par an, d’autres sur 3 %, voire plus. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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