De loin, difficile de faire la différence entre nos deux modèles, garés sagement sous le hangar de l’exploitation berrichonne qui nous accueille. Le design, les ailes arrière ou encore la structure de la cabine sont identiques. Claas présente d’ailleurs les 500 et les 600 comme une seule et même gamme. Nous avons pourtant un tracteur de 4 cylindres avec le 500, et un tracteur de 6 cylindres avec le 600. Présentées en 2016, les versions Tier 4 Final de ces Arion évoluent peu dans leurs designs extérieurs. Le constructeur fait cependant de nouveaux choix technologiques, notamment pour le pont avant. Nos deux tracteurs sont munis de la même transmission Hexashift, une semi-powershift robotisée avec 4 gammes et 6 rapports sous charge.

Entre les nombreuses averses du printemps, nous avons pris en main ces deux tracteurs « Made in France ». L’Arion 530 et l’Arion 610 sont au catalogue du constructeur allemand Claas, mais construits en France, dans l’usine du Mans (Sarthe). Pour cette semaine d’essai, transport avec une benne de 14 t de blé, et préparation des terres à tournesol à l’aide d’un cultivateur Lachaud de 5 m sont au menu pour les deux protagonistes.

Jeu des 7 différences

Après avoir fait les présentations, entrons dans le vif du sujet en passant en cabine. Pour l’accès, l’Arion 610 est un modèle du genre, avec trois marches et une grande porte. Sur l’Arion 530, l’escalier est un peu plus étroit. D’un côté, l’Arion 530 possède une finition CIS, de l’autre l’Arion 610 est équipé de la nouvelle finition CIS +. Dans les deux cas, nous prenons place dans une cabine à cinq montants avec une porte intégrale à droite, sur un siège réglable et pivotant plutôt confortable.

Les différences entre les deux finitions sont assez subtiles, mais elles sont bien présentes, et ont leur importance. Pour Claas, cette nouvelle finition CIS + est une alternative entre l’entrée de gamme CIS et le haut de gamme Cebis. On retrouve ainsi un peu des deux versions. La finition CIS + comprend un accoudoir, sur lequel les commandes principales prennent place. L’une des grosses différences avec la CIS, est la présence des distributeurs électrohydrauliques. Au-delà du confort d’utilisation, ils offrent plus de possibilités de réglage, notamment en débit et temporisation. Notons également que la transmission à variation continue CMatic est disponible avec le CIS +.

De son côté, le CIS dispose également d’un accoudoir multifonction, mais les commandes mécaniques des distributeurs hydrauliques sont placées sur la console de droite. Parmi les différences, on note aussi que le CIS + se dote de l’écran couleur CIS de série, qui se loge dans le montant avant droit. Plutôt clair et bien pensé, ce terminal pèche par sa navigation. Elle est réalisée avec une molette et un bouton « Esc » (sortie) placés derrière le volant. Cette molette permet de gérer la transmission ou l’hydraulique.

Pour les deux finitions, la transmission se pilote de la même manière, avec un petit levier. Une impulsion courte nous fait passer un rapport sous charge, alors qu’il faut appuyer plus fortement et pousser plus loin le levier pour passer une gamme. Cette transmission est munie d’une fonction « auto » et fonctionne en mode champ ou mode route. Plutôt clairs sur les anciennes versions, les boutons des modes ont perdu en intuitivité à cause de la Mother regulation. La différence entre les deux modes se joue sur le passage des gammes. En effet, lorsque nous sommes en mode route, la transmission va pouvoir passer les gammes et les rapports sous charge lorsque le mode auto est activé. De même, en mode manuel, lorsque l’on arrive au sixième rapport sous charge, une simple impulsion nous fait passer la gamme supérieure. En mode champ, seuls les rapports sous charge sont modifiés dans le mode auto, et il faut appuyer plus fortement sur le levier pour passer les gammes en mode manuel.

Pour la motorisation, Claas fait appel à John Deere, avec son propre cahier des charges, pour donner naissance au moteur CPS (Claas Power Système). Le 6 cylindres est un 6,8 l, alors que le 4 cylindres est un 4,5 l. Mode auto et route enclenchés, nous voici partis sur les routes berrichonnes pour un parcours d’une quinzaine de kilomètres, attelés à une remorque chargée de 14 t de blé.

Avantage Arion 610sur la route

Notre parcours alterne petites routes de campagne et nationales, le tout truffé de faux plats. Nous commençons par l’Arion 530. Après des débuts difficiles, où l’automatisme est réglé pour passer les rapports à 1 400 tr/min, nous réajustons les paramètres de la boîte pour un changement des rapports en fonction de la charge. Cela se fait dans le tableau de bord, avec les boutons placés derrière le volant. Après ce faux départ, le parcours routier se déroule sans encombre.

Passons à l’Arion 610. Celui-ci propose en plus de son petit frère, la fonction Smart Stop, c’est-à-dire que l’on peut arrêter le tracteur simplement en appuyant sur la pédale de frein, sans débrayer. Au final, comme avec une transmission à variation continue, nous avons réalisé le parcours, juste avec les pédales d’accélérateur et de frein, et sans toucher aux vitesses. Même si les powershifts sont souples, le changement de gamme nous rappelle cependant que nous ne sommes pas sur une variation continue.

Au final, nous avons trouvé peu de différence entre nos deux tracteurs, avec un temps de parcours pratiquement équivalent, mais une tenue de route légèrement à l’avantage du 610, grâce à son gabarit et ses pneumatiques.

Peu de différencesau travail

Maintenant que le champ est bien ressuyé, nous pouvons nous y aventurer. Équipés d’un cultivateur à dents Lachaud de 5 m de large, nous avons travaillé une dizaine d’hectares dans un sol argilo-calcaire. L’attelage de l’outil est facilité par la présence de manettes de décompression sur les prises push-pull, ainsi que des commandes pas à pas du relevage arrière, astucieusement placées sur le montant arrière droit. Au champ, peu de difficulté pour nos deux protagonistes. La conduite est plaisante, avec un siège qui pivote, et les commandes principales de la transmission et du relevage placées sur l’accoudoir. Notre main ne le quitte jamais.

Sur l’accoudoir de notre 610, en finition CIS +, nous remarquons la présence de l’Electropilot, un petit levier en croix pour les distributeurs hydrauliques. Déjà disponible sur les versions CIS, celui-ci se différencie sur le CIS +, avec l’arrivée de commandes pour l’inversion du sens marche. Il nous a fallu quelque temps tout de même pour trouver comment faire fonctionner l’inverseur sur le joystick. Après avoir mis l’inverseur principal au neutre, il faut débrayer, puis appuyer sur le sens d’avancement souhaité pour activer le système. Pour nos travaux, cette solution a peu d’intérêt. Mais dans le cas d’une utilisation au chargeur frontale, et si ce dernier est commandé par le petit levier en croix, cet inverseur prendra tout son sens.

Parmi les possibilités de programmation, on note deux mémorisations de régime moteur, qui s’ajustent avec les boutons « + » et « - ». Les deux régimes peuvent également se transformer en mémorisation de vitesses. Sur le petit levier de la transmission, un bouton permet de rappeler un rapport enregistré pour les manœuvres.

Confortables et bien pensées, nos deux montures ont « fait le job ». Difficile de voir une réelle différence entre les deux finitions sur nos travaux. Le CIS + offre néanmoins plus de possibilité de réglage, et davantage d’intuitivité avec son écran CIS couleur.

Pierre Peeters
4 cylindres. Notre Arion 530était doté de la finition CIS, pourvue de distributeurs mécaniques.
Différences. En cabine, la différence entre les deux modèles se joue surtout sur l’accoudoir, avec la présence de distributeurs électrohydrauliques, et de l’inverseur sur le joystick hydraulique.
Ergonomie. Les commandes principales pour la transmission et le relevage arrière sont placées sur l’accoudoiret tombent sous la main.
Rangements. Notre cabine en CIS + est bien fournie en rangements. Elle compte un compartiment réfrigéré sous le siège passager et des vide-poches sur la console de droite.
Écran. Le CIS couleur regroupe de nombreuses informations sur la transmission ou l’hydraulique.
Hydraulique. Les prises push-pull, équipées de manettes de décompression, sont repérées par couleurs . ©
Navigation. Deux boutons dédiés : à l’écran pour le CIS +, et au tableau de bord pour le CIS.
Pratique. La caisse à outils est parfaitement intégrée derrière le marchepied du côté droit.
Équipement. La finition CIS est proposée 4 000 € moins cher au prix tarif que celle CIS +. La différence est due aux distributeurs électrohydrauliques ou à l’Electropilot obligatoire.
Fiche technique
    ARION 610 CIS +

    Puissance : 145 ch

    Moteur : DPS6 cylindres de 6,8 l

    Transmission  : Hexashift, semi-powershift robotisée 4 X 6

    Finition  : CIS +

    Empattement  : 2,82 m

    Capacité durelevage arrière  : 7 500 kg

    Débit hydraulique  : 110 l/minà 200 bars

Fiche technique
    ARION 530 CIS

    Puissance : 145 ch

    Moteur : DPS4 cylindres de 4,5 l

    Transmission  : Hexashift, semi-powershift robotisée 4 X 6.

    Finition  : CIS

    Empattement  : 2,56 m

    Capacité durelevage arrière  : 7 500 kg

    Débit hydraulique  : 110 l/minà 200 bars

Le récap
Les points positifs
  • Nombreuses possibilitésde la boîte.

  • Inverseur sur le joystick à droite.

  • Bon accès en cabine.

Les points négatifs
  • Navigation dans l’écran.

  • Intérêt du CIS + limité en HexaShift.CLAAS ARION 610 CIS +

Le récap
Les points positifs
  • Deux mémorisationsde régime moteur.

  • Ergonomie des commandes.

  • Rangements bien pensés.

Les points négatifs
  • Bouton de verrouillage des distributeurspeu ergonomique.

  • Manque de clarté pour les boutons des modes « route » et « champ ».CLASS ARION 530 CIS