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Cinq jours au volant du Landini 5- 110 H Dual Power

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Polyvalent. Le 5-110 H s’est révélé aussi à l’aise dans l’épreuve de fenaison qu’au transport et en manutention. © H. Etignard

Nous avons testé ce tracteur d’élevage équipé d’un chargeur Manip dans une exploitation laitière de Franche-Comté. Au programme, fenaison, manutention et transport de balles de paille.

Le segment de puissance de 100 à 130 ch est celui qui offre le plus grand choix de tracteurs. Tous les constructeurs sont présents sur ce marché, avec parfois jusqu’à quatre solutions comportant des niveaux de sophistication différents. Pendant une semaine, nous avons choisi de nous pencher sur le best-seller de Landini en tracteur de polyculture-élevage, le 5-110 H Dual Power. Ce tracteur de 110 ch est arrivé accompagné de son chargeur frontal Manip MP 80 sur l’élevage laitier qui nous sert de base pour les essais. Nous lui avons concocté un programme typique d’un élevage du Doubs au mois de juillet : transport d’une benne de céréales, chargement et déchargement des balles de paille après un parcours d’une quarantaine de kilomètres, et enfin fanage.

Passage des rapports en souplesse

L’épreuve débute avec la livraison de blé au moulin. En montant dans la cabine, on ne perd pas de temps à se familiariser avec les commandes : tout est clair et bien identifié. Le 5H est équipé de la boîte à doubleur Dual Power qui combine trois gammes, quatre rapports mécaniques et trois rapports sous charge. Rien qui ne sorte de l’ordinaire a priori, jusqu’à ce qu’on se mette à étudier plus attentivement le levier de gammes pour passer en mode route. Et là, surprise : en plus des habituels rapports lièvre et tortue, se trouve une gamme symbolisée par un homme qui marche. Nous pensons au début qu’il s’agit des gammes rampantes, mais après quelques tentatives, nous découvrons que la position « bonhomme » offre des rapports de vitesse situés entre ceux du lièvre et ceux de la tortue. Ce qui est finalement logique si on compare les allures respectives de l’homme et de la tortue. Renseignement pris, cette gamme bonhomme est un classique de Landini.

En dehors de cette originalité, il n’y a rien à signaler de particulier sur la sélection des rapports. Les gammes se changent sans trop d’effort et les rapports mécaniques se passent sans utiliser la pédale d’embrayage, grâce à un bouton situé sous le pommeau du levier de vitesses. Pour les rapports sous charge, il faut utiliser les deux boutons situés sur le côté du levier. En attelant la benne, nous découvrons que le tripleur ne fonctionne qu’en marche avant. Et surtout que la boîte passe automatiquement dans le rapport sous charge intermédiaire dès qu’on passe la marche arrière. Nous nous sommes fait surprendre la première fois, car nous étions en 2-1 et la boîte est passée en 2-2 lors de l’inversion du sens de marche. Il faut donc bien garder cela à l’esprit pour les manœuvres qui demandent de la précision.

Des rétros trop petits

Une fois la benne attelée, nous prenons la route. Les rapports sont bien étagés et le confort est satisfaisant à 40 km/h. Nous remarquons, en changeant les rapports mécaniques, que la boîte offre un semblant de Speedmatching, c’est-à-dire qu’elle adapte parfois le rapport du tripleur, mais uniquement pour descendre d’un powershift, jamais pour monter. C’est sur la route que nous remarquons la taille quasi anecdotique des rétroviseurs. Cela devient problématique quand il s’agit de monter sur le pont-bascule du moulin en marche arrière. Impossible de réaliser la manœuvre seul, il faut un guide. Des rétroviseurs deux fois plus grands seraient bienvenus. Nous faisons le même constat avec notre plateau de 28 balles de paille sur le parcours routier à 40 km/h.

À l’aise en manutention

Ces balles de paille, il faut les charger puis les décharger. Le 5-110 H se montre très à l’aise dans cet exercice grâce à son chargeur Manip intégré d’usine. Le toit vitré offre une bonne visibilité pour le chargement en hauteur, et le tracteur est suffisamment maniable pour évoluer sereinement dans le bâtiment. C’est d’ailleurs à ce moment que nous avons confirmation de ce que nous avions ressenti sur la route : l’italien est bruyant. Le niveau sonore est élevé en cabine, mais aussi aux abords du tracteur. Et la dernière épreuve, qui implique l’utilisation de la prise de force, ne fera que confirmer cette impression.

Nous attelons la faneuse Kuhn 8 toupies pour aller retourner un regain. Nous constatons avec soulagement que les bras sont à la bonne longueur, car seule la chandelle de droite se règle rapidement. Pour le branchement des distributeurs, toutes les prises sont bleues, alors que les commandes mécaniques en cabine sont identifiées par d’autres couleurs. Il ne reste plus qu’à sélectionner le régime de prise de force, ce qui demande patience et puissance au chauffeur, car le levier est capricieux. Une fois aux champs, nous constatons que l’accélérateur à main est lui aussi très viril. Mais lancé, le 5-110 H s’acquitte très bien de sa tâche et fait la démonstration de sa polyvalence. En cette journée de canicule, on peut apprécier l’efficacité de la climatisation, indispensable avec la cabine à quatre montants. Cette dernière épreuve confirme les aptitudes du Landini, un bon tracteur à tout faire pour la polyculture-élevage.

Corinne Le Gall
Fiche technique

    Moteur : Perkins 3,4 litres

    Puissance : 113 ch

    Système de traitement des gaz d’échappement : vanne EGR + filtre à particules.

    Transmission : boîte mécanique powershift.

Simple. La cabine est simple et toutes les commandes sont clairement identifiées. Le siège offre un confort correct au chauffeur. © P. Peeters
Visibilité. Le chargeur Manip est bien intégré au 5-110 H. Avec le toit vitré, la visibilité en hauteur est satisfaisante.
Une cabine conçue pour l’élevage

La montée en cabine est un peu raide, mais une fois au volant du 5-110 H, on se sent tout de suite à l’aise. Toutes les commandes sont bien identifiées, et quiconque a déjà piloté un tracteur pourra partir travailler immédiatement avec le Landini. Le siège offre le réglage basique avant/arrière et le volant est télescopable. C’est justement en télescopant le volant que nous découvrons un gros point négatif : comme le tableau de bord et la console ne sont pas solidaires du volant, il n’est plus possible d’atteindre l’inverseur ! Il faudra donc trouver une autre position de conduite pour les travaux de manutention. Le tableau de bord intègre un petit écran LCD qui reprend les informations principales de la boîte et permet d’effectuer quelques réglages.

Sur la console de droite, Landini a disposé un levier en croix qui peut être utilisé pour piloter le chargeur. Mais pour cet essai, Manip a installé son propre levier en croix, monté sur une plaque en acier fixée à la colonne de direction. Cette commande, qui nous semblait un peu loin du siège au début, se révèle finalement plutôt pratique. L’autre solution Landini, qui remporte immédiatement l’adhésion des chauffeurs, est le potentiomètre permettant de régler l’agressivité de l’inverseur en direct. C’est la solution idéale pour un tracteur polyvalent amené à travailler aussi bien en souplesse au champ avec du poids sur l’arrière qu’avec nervosité en manutention. C’est aussi très pratique quand des chauffeurs peu expérimentés comme des stagiaires sont amenés à utiliser l’engin.

Le levier pilotant les rapports de vitesse mécaniques est situé au bout de la console de droite. La grille n’est ni trop longue, ni trop serrée, ce qui limite l’effort pour le chauffeur. Le bouton Declutch et les deux boutons de Powershift sont atteints avec le majeur et le pouce, sans bouger la main du pommeau. Juste à côté, la manipulation de l’accélérateur à main demande un vrai effort, et on ne risque pas de changer de position par erreur. Les deux distributeurs se verrouillent mécaniquement, avec une glissière en plastique qui ne résistera pas longtemps aux chauffeurs peu soigneux. Pour le relevage, on retrouve une commande électrique classique, mais nous avons trouvé la molette de contrôle de profondeur un peu trop sensible, et il manque un système de rappel du réglage. Côté rangements, nous avons regretté l’absence d’une boîte fermée. En revanche, les nombreux casiers ouverts sont autant d’occasions d’accumuler de la poussière. Pour le nettoyage, un grand seau d’eau suffit, ce qui est un avantage pour ce tracteur amené à travailler en élevage.

Réglage. Ce potentiomètre permet de régler en temps réel la réactivité de l’inverseur. © Photos : c. legall
À revoir. L’inverseur n’est pas solidaire du volant télescopique. Il n’est plus possible d’atteindre le levier avec certains réglages.
Original. Le levier de gamme est placé en bas à droite du chauffeur. Il intègre une gamme «bonhomme», qui correspond à une gamme champs.
Le récap
Les points positifs
  • Rapidité de prise en main

  • Simplicité et rusticité

  • Visibilité au chargeur

  • Réglage rapide de l’inverseur

Les points négatifs
  • Bruit en cabine

  • Inverseur non solidaire du volant

  • Changement de régimes de prise de force

  • Taille des retroviseurs

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Cet article est paru dans La France Agricole

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