L’agriculture de précision, Bastien Hennequez baigne dedans depuis ses débuts aux côtés de son père en 2010. Sur son exploitation de l’Eure, il pratique la modulation intraparcellaire. Il est même devenu l’un des deux agriculteurs ambassadeur de BeApi (solution de modulation intraparcellaire d’InVivo), faisant de son exploitation une vitrine de l’agriculture de précision. Toujours à la recherche de performance, il teste cette année la modulation de la dose de semis et surtout de la variété au sein d’une parcelle.

Une double trémie

« J’ai eu un semoir Amazone Primera à double trémie en test, c’était donc l’occasion d’essayer, s’enthousiasme-t-il. Il faut dire que sur certaines de nos parcelles, nous avons une très forte hétérogénéité avec jusqu’à quatre types de sols différents, dont des parties très caillouteuses. J’ai donc décidé d’implanter deux variétés en modulant à la fois la densité de semis en fonction du type de sol à un endroit donné mais également la proportion entre les deux variétés. »

Une variété rustique pour les sols difficiles

Sur les parties à fort potentiel, Bastien a privilégié le Chevignon, qui a représenté jusqu’à 50 % du mélange avec une densité de 170 grains par m², soit environ 97 kg/ha. « Dans les parties à plus faible potentiel, j’ai privilégié une part importante d’Absalon, jusqu’à 80 %, et une densité de semis de 130 kg/ha. L’Absalon est un blé à faible potentiel mais très rustique avec beaucoup moins de besoins que le Chevignon pour se développer correctement. »

Bastien Hennequez compte profiter de cet essai pour moduler le régulateur de croissance et les fongicides, notamment avec Farmstar en se basant sur la densité de végétation. Les résultats définitifs sont attendus à la moisson. En attendant, Bastien Hennequez a déjà constaté des écarts de 400 à 500 talles par m² selon les différentes stratégies. Quant à l’acceptation du mélange par la coopérative, il n’anticipe pas de problème particulier puisque les deux blés utilisés sont panifiables.

Corinne Le Gall