Concernant la Russie, le ministère de l’Agriculture américain a révisé de façon spectaculaire la prévision de production de blé évaluée désormais à 72,50 millions de tonnes, contre 85 millions un mois plus tôt, entraînant depuis la fin de la semaine dernière une forte hausse des cours.

« Ils (les statisticiens américains) ont peut-être été trop loin », s’est interrogé Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage, lors d’un entretien à l’AFP, soulignant que le cabinet Sovecon avait publié lundi une projection à 76,2 millions de tonnes, loin des estimations américaines.

Néanmoins, la tendance est à une révision à la baisse de la production mondiale, et « surtout du disponible exportable chez les principaux exportateurs », a souligné Damien Vercambre.

Et d’ajouter que le rapport mensuel du ministère américain de l’Agriculture, n’avait « pas touché à la production européenne », alors que des « doutes » se font jour quant aux estimations initiales.

Côté français, malgré une révision à la baisse par rapport aux attentes initiales, « la production de blé tendre est estimée à 36,7 millions de tonnes, en hausse de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale », ont souligné dans un communiqué conjoint publié ce lundi FranceAgriMer, Arvalis (institut technique des céréales) et Terres Inovia (institut technique des oléoprotéagineux).

Mais c’est surtout la qualité des grains qui pose question, s’agissant du blé tendre hexagonal, après des moissons fortement perturbées par les pluies ces dernières semaines. Principal sujet d’inquiétude pour l’exportation : le poids spécifique du grain, qui détermine la masse volumique d’un lot, un critère crucial pour les contrats commerciaux. « Les blés affichent des poids spécifiques irréguliers et en retrait par rapport au potentiel des variétés », ont indiqué FranceAgrimer, Arvalis et Terres Inovia.

Enfin, des raisons techniques expliquent également cette poursuite de la progression des cours constatée en début de journée, les options clôturant ce jour pour le contrat de septembre du blé tendre sur le marché à terme, ce qui donne traditionnellement lieu à des rachats, a souligné Damien Vercambre.

Vers 17 h 35, la tonne de blé chutait de 4,25 euros sur l’échéance de septembre à 250,25 euros, et de 3,75 euros sur celle de décembre à 250,50 euros.

La tonne de maïs, elle, reculait de 1,00 euro sur l’échéance de novembre à 220,75 euros, et de 75 centimes sur l’échéance de janvier à 222,50 euros.

AFP