« Après les taxes à l’exportation imposées par la Russie à compter du 15 février prochain, c’est l’Argentine qui a décidé de bloquer ses exportations de maïs et ce jusqu’à la fin de février », a rapporté le cabinet Agritel dans une note publiée le mercredi 6 janvier 2021.

Cette donnée s’ajoute au déficit hydrique persistant sur l’Amérique du Sud et principalement sur l’Argentine et qui laisse craindre « une révision à la baisse de la production de maïs estimée dans le dernier rapport de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) à 48 millions de tonnes », a estimé Agritel, dont les analystes considèrent qu’elle est très optimiste.

Ces données soutiennent le maïs et mettent au second plan pour l’instant les craintes liées à la propagation de l’épidémie d’influenza aviaire en France, laquelle a conduit les autorités à abattre des centaines de milliers de canards dans le Sud-Ouest, afin de tenter d’endiguer la pandémie.

L’appétit de la Chine

Ces prix soutenus sont évidemment la conséquence de l’appétit de la Chine sur le marché mondial et de la faible récolte française de l’été dernier, en net recul par rapport à celle de la campagne précédente, abondante et de qualité. Elle a permis au groupe Sénalia, qui exploite les principaux silos de blés du port de Rouen, de connaître une année « record » en termes de résultats lors de son exercice de 2019-2020, selon son directeur général Gilles Kindelberger.

Sénalia a ainsi manutentionné 5,2 Mt de céréales lors de la campagne de 2019-2020.

« C’est une année record aussi en orge de brasserie, puisqu’on augmente de plus en plus ce produit chez Sénalia », a souligné M. Kindelberger, lors d’un entretien à l’AFP. Il a vanté la « forte capacité d’allotement » et donc d’isolement des lots, notamment par variété, de son groupe. Ce dernier a chargé lors du dernier exercice « plus de 550 000 tonnes d’orges de brasserie à destination du monde entier ».

Fin de contrat

Seul point noir, la fin du contrat avec Saint-Louis, filiale française du sucrier allemand Südzucker, qui sera interrompu au 30 septembre 2021, et qui laisse le terminal sucrier de Sénalia sans débouché. Le groupe, qui a réalisé 34 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019-2020, compte toutefois continuer à investir.

Outre la construction de son nouveau siège social, dont les travaux doivent s’achever au quatrième trimestre de 2021, le groupe investit dans la « remise en état de deux portiques de chargement sur le site de Rouen qui vont arriver en juillet, août 2022 », pour un montant de près de six millions d’euros, selon M. Kindelberger.

Vers 16 heures sur Euronext, la tonne de maïs reculait de 0,50 euro sur l’échéance de mars, à 200 euros, et de 75 centimes sur l’échéance de juin, à 200 euros.

La tonne de blé, quant à elle, perdait 1,75 euro sur le contrat de mars, à 216 euros, et 1,25 euro sur celui de mai, à 213,25 euros.

AFP