« On est face à l’angoisse de la crise, sur des marchés qui ont tapé des plus hauts niveaux et qui commencent à redescendre, dans l’attente de la nouvelle récolte », a déclaré à l’AFP Gautier Le Molgat, analyste à Agritel.

« Les rendements — en baisse de 4,7 % par rapport à 2021 en blé tendre dans l’Union européenne, selon les dernières estimations de la Commission — « seront un peu moins bons que l’an dernier, mais il est beaucoup trop tôt pour acter quoi que ce soit », affirme encore ce dernier.

Mercredi 22 juin sur Euronext, la tonne de blé clôturait ainsi à 370,50 € (–2,00 € par rapport à la clôture de la veille) sur l’échéance de septembre et à 363,00 € (–2,50 €) sur l’échéance de décembre.

La tonne de maïs, quant à elle, terminait à 323,50 € (–2,50 €) sur l’échéance d’août et à 318,50 € (–3,50 €) sur celle de novembre.

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Ce jeudi 23 juin, vers 11 h sur Euronext, la tonne de blé baissait de 6,00 € à 364,50 € sur l’échéance de septembre et de 5,75 € à 357,25 € sur celle de décembre.

La tonne de maïs, quant à elle, reculait de 3,50 € à 320,00 € sur l’échéance d’août et de 6,25 € à 312,25 € sur novembre.

Stocks mondiaux élevés

Coté américain, « les prévisions sont moins menaçantes », selon Jason Roose de US Commodities : « Avec les États-Unis et l’Amérique du Sud, avec les approvisionnements mondiaux tels qu’ils se présentent, les stocks mondiaux pourraient être les plus élevés de l’histoire. »

La vague de chaleur en France et dans l’ouest de l’Europe est arrivée à un moment où le blé était déjà avancé et ne devrait pas avoir trop souffert, les prévisions météo en Australie sont bonnes et la chaleur sur la « Corn Belt » américaine a permis de réchauffer un sol trop froid pour les semis : ces facteurs, plutôt rassurants à ce stade, ont favorisé une correction sur les marchés.

Pour Dewey Strickler, de Ag Watch Market Advisors, « le blé est en baisse notamment parce que la Russie a augmenté sa production, estimée à environ 89,2 millions de tonnes, ce qui serait un record ». Une estimation jugée « très optimiste » par Agritel.

« On voit aussi un marché plutôt rassuré par le fait que la situation n’a pas empiré sur le front ukrainien, malgré l’absence d’avancées sur d’éventuels corridors maritimes pour sortir des grains du pays », souligne Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage.

1,5 à 1,7 tonne qui sort chaque mois d’Ukraine

Les analystes estiment entre 1,5 et 1,7 million de tonnes les quantités de grains (tous produits confondus) qui sortent désormais chaque mois d’Ukraine par la route et le rail, soit toujours 5 à 6 fois moins qu’auparavant.

L’urgence pour Kiev reste d’évacuer ses derniers stocks pour pouvoir accueillir la nouvelle récolte. « Au début, nous pensions qu’ils allaient semer seulement 20 % de leurs récoltes en Ukraine, puis seulement 40 %, maintenant il semble que 80 % de la récolte ait été semée », souligne Jason Roose. « Maintenant la question est de savoir s’ils vont pouvoir sortir ces récoltes. »

Dans un contexte toujours volatil, les acheteurs reviennent timidement, espérant des prix plus raisonnables. « Sur la scène internationale, la Tunisie aurait acheté 100 000 tonnes de blé meunier et 50 000 tonnes d’orge fourragère origines optionnelles. Le Pakistan est aux achats pour 500 000 tonnes de blé », complète Agritel. « L’Algérie aurait acheté cette semaine environ 600 000 tonnes de blé tendre d’origines optionnelles », rapporte Inter-Courtage.

Avec l’AFP
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé et le maïs en baisse sur Euronext

Les cours des deux céréales subissent une certaine volatilité, toujours dans le contexte de la guerre en Ukraine. Aux États-Unis, le marché a réagi à la publication du dernier rapport de l’USDA.