Pour l’ancienne récolte, les raisons de cette petite hausse étaient notamment techniques : « hier, on a touché une grosse zone de support aux alentours de 204, 205 euros, donc c’est normal que ça remonte un petit peu », a ainsi estimé Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel.

Par ailleurs, les opérateurs anticipaient selon lui la publication vendredi soir d’un rapport mensuel du ministère américain de l’Agriculture qui pourrait comporter des nouvelles haussières, concernant les stocks. Mais ce petit rebond ne doit pas occulter qu’une « tendance baissière est toujours en place », selon Gautier Le Molgat. L’échéance rapprochée de mai, la dernière pour l’ancienne récolte, a ainsi perdu une vingtaine d’euros en un mois et demi.

Dans son bulletin mensuel des prix mondiaux des produits alimentaires, la FAO relève d’ailleurs que les prix des céréales ont baissé de 1,8 % en mars, une baisse imputable principalement aux prix du blé à l’exportation, en raison d’une offre satisfaisante et de perspectives de production record pour 2021, autour de 785 millions de tonnes, selon les dernières estimations.

En France, toutefois, les prix de la prochaine récolte grimpaient en raison de la vague de froid des derniers jours. On ne pourra mesurer les dégâts « de manière précise que dans les prochains jours », a indiqué le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie sur Public Sénat, tout en soulignant que la surface concernée « sera assez étendue ». « Il va nous falloir mobiliser massivement les assureurs », pour qu’à cette crise de froid ne soit pas additionnée une inertie assurantielle », a ajouté le ministre.

« Les basses températures laissent craindre des dégâts de gel sur les parcelles les plus précoces, essentiellement sur les orges d’hiver », a indiqué Agritel dans une note publiée jeudi. Une remontée des températures, couplée à des pluies bénéfiques, est attendue pour la fin de la semaine.

Vers 16h45 sur Euronext, la tonne de blé tendre progressait de 3,50 euros sur l’échéance de mai, à 210,75 euros, et de 1,75 euro sur l’échéance de septembre, à 197,50 euros.

La tonne de maïs, quant à elle, progressait de 2 euros sur l’échéance de juin, à 215 euros, et de 1,25 euro sur l’échéance d’août, à 211,25 euros.

Charlotte Salmon