Les cours du blé marquaient une pause vendredi et reculaient même en fin d’après-midi, les opérateurs étant dans l’expectative à quelques heures d’un rapport mensuel du ministère américain sur la production mondiale de céréales.

Les cours des céréales, à leurs plus hauts niveaux depuis le début de la campagne agricole l’été dernier, sont soutenus par la demande très forte et une campagne d’exportation qui se poursuit à un rythme élevé en direction des pays tiers (c’est-à-dire hors de l’Union européenne).

Pas moins de 1,22 million de tonnes de blé ont été chargées dans les ports français en décembre, à comparer aux 904 000 tonnes de l’an passé en décembre 2018, soulignait dans une note le cabinet Agritel.

« Depuis le début de la campagne, ce sont ainsi 5,13 millions de tonnes (Mt) qui ont été expédiées » vers les pays tiers, ajoutait Agritel, pour qui la deuxième partie de la campagne s’annonce tout aussi rythmée, compte tenu de l’objectif de 12,2 millions de tonnes affiché par l’organisme public FranceAgriMer pour l’ensemble de la campagne.

La grève affecte la logistique

Ces objectifs sont toutefois contrariés par les mouvements sociaux à la SNCF contre le projet de réforme des retraites.

« Aujourd’hui, sur tout notre programme train depuis le 5 décembre, on a environ 50 % de réalisation, une quarantaine de trains ont été annulés », a ainsi déclaré Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet Négoce, lors d’une conférence de presse de présentation du rapport d’activité du groupe Soufflet pour 2018-2019.

Si ce chiffre est meilleur que ce qu’avait connu le groupe lors des grèves contre la réforme de la SNCF, M. Lépy fait état de « difficultés » potentielles dans l’alimentation des silos portuaires du groupe et de quelques usines en orge et n’a pas écarté le risque de « ruptures d’approvisionnement », dès la deuxième quinzaine de janvier, si la tendance devait durer.

Le groupe se tourne autant que possible vers le transport routier, pour assurer l’acheminement des céréales vers les ports français et de là, vers l’Afrique notamment, mais cela a un coût, d’autant plus que la demande de camions est très forte avec les grèves, a souligné M. Lépy. « A la louche, entre un transport ferroviaire qui va vous revenir 10 euros la tonne sur 300 kilomètres, en camion vous allez être à 15 euros, soit un surcoût de 50 % », a-t-il estimé.

Inquiétude sur les conditions climatiques en mer Noire

En mer Noire, des inquiétudes émergent en ce qui concerne les conditions climatiques. « En Europe de l’Est, le temps plus clément que d’habitude réduit l’endurcissement au froid des cultures d’hiver et laisse les zones de production des cultures d’hiver sans couche neigeuse protectrice, note La Coopération agricole métiers du grain. Les cultures pourraient devenir vulnérables en cas de gel. »

Vers 17h30, sur Euronext, la tonne de blé reculait de 1,25 euro sur l’échéance de mars, à 190,50 euros, et de 1 euro sur l’échéance de mai, à 190 euros.

La tonne de maïs, quant à elle, progressait de 0,25 euro sur l’échéance de mars, à 173 euros, et reculait de 0,75 euro sur celle de juin, à 176,25 euros.

Avec l’AFP
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