« Les épis qui sont à l’état embryonnaire dans les tiges sont d’autant plus sensibles à des gels importants, comme ceux qu’on a aujourd’hui, qu’ils sont développés », a déclaré le mercredi 7 avril 2021 lors d’une conférence de presse, Stéphane Jézéquel, directeur scientifique à l’institut technique Arvalis. Le développement des cultures à ce stade de l’année est d’autant plus important du fait du réchauffement climatique et des « vagues de chaleur ou de temps trop doux en hiver », ce qui fait qu’« elles sont davantage sensibles au niveau des épis à cette vague de froid », a ajouté M. Jézéquel.

S’il note que les céréales ont « des capacités de récupération » après un épisode de gel de ce type, du fait qu’il y a « plusieurs tiges par plante » et que les tiges dites « secondaires » peuvent monter en épi pour compenser, il y aura « certainement des champs, des parcelles, des régions où les céréales très développées auront des dégâts importants avec cette vague de froid ».

Manque de compétitivité à l’exportation

S’agissant de l’échéance rapprochée de mai, qui concerne l’ancienne récolte encore en cours de commercialisation, elle était en recul, « dans un contexte de manque de compétitivité à l’exportation pour les origines européennes », a souligné le cabinet Agritel dans une note publiée mercredi.

L’Égypte, qui a lancé il y a près d’une semaine un appel d’offres, a finalement acheté 345 000 tonnes de blé tendre dont 290 000 tonnes de blé russe et 55 000 tonnes de blé ukrainien, malgré les taxes à l’exportation en Russie.

Selon les derniers chiffres publiés mardi soir par Bruxelles, les exportations de blé tendre par les pays de l’Union européenne pour la campagne actuelle atteignent désormais 20,26 millions de tonnes (Mt) à ce stade. La France reste en tête, à 5,76 Mt, devant l’Allemagne, à 2,64 Mt et la Lituanie, à 2,63 Mt.

Vers 16h30 sur Euronext, la tonne de blé tendre reculait de 1,25 euro sur l’échéance de mai, à 204,50 euros, et reculait de 50 centimes sur l’échéance de septembre, à 194 euros.

La tonne de maïs, quant à elle, était à l’équilibre sur l’échéance de juin, à 212,25 euros, et progressait de 75 centimes sur l’échéance d’août, à 209,25 euros.

AFP