En juillet prochain, un atelier dit de « préparation de viande hachée salée » sera mis en service à l’abattoir Adequat de Rambervillers, dans les Vosges. Avec cette extension, le site passera de 1 150 à 1 450 tonnes par an. « La viande hachée salée sera ensuite conditionnée suivant la demande, en steaks, barquettes, congélation…, précise Philippe Mauchamp, le directeur. Ce nouvel atelier nous permet de nous adapter à la demande des consommateurs. »

Adequat, pour « Abattage découpe qualité tradition », compte aujourd’hui 350 adhérents et a le statut de coopérative. L’outil a été complètement financé par des agriculteurs et des organisations professionnelles : la chambre d’agriculture à l’origine du projet, Alotis (la coopérative viande du secteur), les Jeunes agriculteurs (JA), la FDSEA et la coopérative de Saint-Dié-des-Vosges. Les collectivités ont contribué sous forme de subventions.

Si l’agrandissement est une preuve de la réussite d’Adequat, les débuts ont été difficiles : inauguré en 2005, l’outil connaît quatre premières années délicates, le tonnage traité étant insuffisant. Mais la disparition d’autres structures dans la région et le développement des circuits courts en font aujourd’hui un outil de proximité indispensable pour les producteurs, dans un rayon de 100 km. Sur les 1 150 tonnes actuelles, 60 % sont alimentées par le porc, ce qui en fait le deuxième abattoir porcin de Lorraine exclusivement à destination des ateliers fermiers locaux et des artisans bouchers. « Nous abattons en moyenne 40 porcs, dix bovins et quelques ovins par jour, explique le directeur. La difficulté technique étant d’avoir sur une même chaîne des cabris, des porcelets et des gros bovins. » Le site possède également un atelier de découpe-transformation et propose un véritable travail à la carte. C’est une autre clé de son succès. « Toutes les prestations sont possibles, souligne Philippe Mauchamp. De l’usager qui fait tout faire, y compris la collecte et la livraison, à celui qui ne fait qu’abattre, en passant par celui qui vient sur place faire son conditionnement. » Avec un maître mot, la transparence, intégrale, sur tous les produits qui sortent des ateliers.

Dominique Péronne