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Une détection et un contrôle précis des maladies

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L’université de Wageningen, aux Pays-Bas, pilote la conception et le développement d’un système de détection des maladies en temps réel dans trois machines de pulvérisation de pointe. © Optima

En associant détection précoce, prédiction et pulvérisation de précision, le projet européen Optima tente de réduire l’utilisation des produits phyto pour trois combinaisons « plante-maladie ».

Pour réduire l’emploi de pesticides, la recherche mise sur des solutions innovantes afin d’agir en amont, pour éviter les épidémies, ainsi que sur l’optimisation de systèmes déjà existants. Dans le projet de recherche appliquée, Optima, qui réunit 15 partenaires à travers l’Europe, l’un des objectifs est la mise au point d’outils de prédiction et de détection précoce des maladies. L’entreprise grecque Agenso (Agricultural and environmental solutions) s’est penchée sur un système d’aide à la décision qui utilise des données de prévisions météorologiques­, des modèles mathématiques et le témoignage d’agriculteurs, afin de prédire le développement des maladies pour les trois associations « pathogène/culture » étudiées : le mildiou de la vigne, la tavelure du pommier et l’alternariose de la carotte. Une première version a été mise au point et est en ligne, mais le système est encore en cours d’affinement.

Détection spectrale des maladies

Les techniques d’imagerie multispectrale et hyperspectrale offrent la possibilité de suivre l’état sanitaire d’une culture de manière automatique et non destructive. Une équipe de l’université de Wageningen (Pays-Bas) s’est attelée à la mise en œuvre d’un système de détection spectral pour les trois maladies étudiées. Les cultures sont sondées par différentes bandes spectrales afin de faire apparaître les traits caractéristiques des maladies. Associé à des techniques de reconnaissance basées sur des algorithmes d’apprentissage approfondi (deep learning), un système de détection à l’échelle du laboratoire a été conçu. Il permettra de localiser et quantifier précisément l’infection.

Ces deux outils faciliteront la réduction de pesticides, combinés à un pulvérisateur intelligent optimisé (voir l’encadré). Des tests sur le terrain sont prévus pour valider tous les outils et solutions envisagés. « Ils vont démarrer en partie dès cet automne », révèle Jean-Paul Douzals­, chercheur à l’Inrae qui travaille à la mise au point, avec son équipe, d’un pulvérisateur optimisé pour la culture de la carotte.

Débuté en 2018, le projet devait se terminer fin 2021. Mais le consortium a demandé de décaler d’un an. En effet, si la crise sanitaire a eu peu de conséquences sur les recherches en laboratoire, des expérimentations sur le terrain et la fabrication des machines ont accusé un retard de six mois. « Or, pour la culture de pomme ou la vigne, il n’y a qu’une seule saison par an, c’est le printemps. Il va falloir attendre l’année prochaine pour les tests au champ », explique Jean-Paul Douzals.

Léna Hespel

Optimiser la pulvérisation

Pour réduire la consommation de pesticides, une partie du projet Optima est consacrée à la conception d’un système de pulvérisation optimisé, pour les trois cultures étudiées. Un des objectifs est de diminuer la dérive des produits pulvérisés. Une équipe de l’Inrae participe à la conception du pulvérisateur intelligent dans le cas de la carotte. Plusieurs améliorations ont été envisagées et testées : utiliser des buses anti-dérives, équiper les appareils d’un manche à air muni d’ouvertures, utiliser la technologie PWM (pulse width modulation, pour « modulation de largeur d’impulsion ») afin de faire varier le débit en modulant la durée du cycle d’ouverture des buses, mais aussi tester différentes combinaisons de buses… Pour cette dernière solution, « testée en conditions semi-contrôlées, 50 % de ce qui a été émis a été déposé sur la végétation, pour la situation de référence. Parmi les combinaisons de buses, les meilleures atteignent 80 % de produit déposé », souligne Jean-Paul Douzals. L’outil d’aide à la décision et le système de détection spectral seront également intégrés aux pulvérisateurs.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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