«Les meilleurs cueilleurs de fruits du monde », c’est ainsi que l’entreprise high-tech israélienne Tevel décrit ses drones autonomes développés pour la récolte. L’idée de départ était d’offrir une solution à la pénurie de main-d’œuvre dans les vergers israéliens. Pour des raisons géopolitiques, les agriculteurs du pays peinent à recruter de la main-d’œuvre étrangère et d’autres cultures plus lucratives attirent les ouvriers agricoles locaux. Tevel a donc travaillé à la mécanisation et l’automatisation de la récolte.

Tri automatique

Là où d’autres chercheurs et industriels ont opté pour des bras robotisés composés de dizaines d’articulations, l’entreprise a fait le pari de la solution légère, avec des drones équipés d’un bras d’un mètre et d’une pince. Un cordon ombilical relie un essaim de trois ou quatre drones cueilleurs à un chariot robotisé qui transporte les caisses de fruits et joue le rôle de station de chargement pour les aéronefs. Les drones se déplacent beaucoup plus librement que des bras robotisés autour des arbres, ce qui augmente le rendement du chantier.

Chaque engin est équipé de caméras et d’un logiciel d’intelligence artificielle qui détermine la maturité du fruit, son calibre et sa variété, pour un tri immédiat dans les caisses. Plusieurs essaims sont en test dans des vergers israéliens. Ils sont capables de cueillir des pommes et des oranges, mais Tevel travaille aussi au développement d’une solution pour les avocats et les mangues. En fonction de l’équipement installé sur le bras, le drone peut également se charger de l’entretien de l’arbre fruitier.

Une réponse face à la crise sanitaire

D’autres solutions sont en développement en Nouvelle-Zélande, chez Newton Research Labs, cette fois avec des engins totalement autonomes. Cette entreprise très pointue, spécialisée dans l’automatisation des interventions en milieu dangereux – mines, centrales nucléaires, fosses océaniques –, travaille aussi à la récolte des kiwis par drone. De projet annexe en 2019, la récolte par voie aérienne est devenue prioritaire  en raison de la crise sanitaire qui prive les agriculteurs néo-zélandais de la main-d’œuvre indispensable à la cueillette manuelle. La solution de Newton Research Labs est équipée de caméras capables de détecter les différentes formes et couleurs des fruits, afin de déterminer ceux qui doivent être cueillis. Des essais de pollinisation et calibrage par drones sont également en cours, pour une entrée en commercialisation dès la prochaine récolte.

Corinne Le Gall

Le drone est  équipé d’un bras d’un mètre et d’une pince. C’est le drone qui se déplace pour attraper le fruit, et non le bras. © Tevel
En plus de la récolte, les drones développés par Newton Research Labs seront en mesure d’assurer la pollinisation des actinidias (arbres à kiwis). © Newton Research Labs