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Mieux étudier les poules grâce à une mangeoire connectée

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Dans les tuyaux - Mieux étudier les poules grâce à une mangeoire connectée
Grâce à la mangeoire connectée Bird-e, l’indice de consommation est connu pour chaque animal en conditions réelles. © Inrae

Une équipe de scientifiques a mis au point Bird-e, une mangeoire connectée qui permet de suivre l’alimentation des volailles dans des conditions très proches de celles d’élevage.

Avec un aspect similaire à celui d’une mangeoire classique, la mangeoire automatique Bird-e – pour Bird individual ration dispenser-electronic – permet de suivre avec précision et en continu ce que mange chaque volaille. Les poules sont marquées individuellement à l’aide de puces électroniques.

« Auparavant, on pouvait avoir des données individu par individu si les animaux étaient en cage individuelle, mais il y avait un biais par rapport aux conditions réelles d’élevage, en plus du problème éthique », explique Sandrine Grasteau, directrice de recherche à l’Inrae (1), à l’initiative de ces travaux. L’autre solution était de faire des suivis par petits groupes, mais cette technique ne permet pas d’obtenir des données individualisées. Le développement de mangeoire automatique est donc une solution pertinente pour améliorer les recherches.

« Nous voulions un système complètement ouvert, sans contrainte physique, où l’on mesure uniquement ce qu’une poule est en train de manger, sans qu’il y ait des vols de nourriture, par exemple », poursuit la chercheuse. Le dispositif permet à une seule volaille à la fois de manger dans l’un des huit accès à la nourriture. Lorsque la poule vient s’alimenter dans la mangeoire, elle doit monter sur une plateforme, en réalité une balance. Les capteurs repèrent sa puce et l’identifient, pendant que le logiciel intégré au dispositif enregistre ce qu’elle mange (voir photo). Ce système fonctionne à la fois pour les poussins et les adultes.

Ce projet, mené en partenariat avec l’Itavi (2), a permis de lever des contraintes techniques liées à une évaluation fine de l’efficacité et du comportement alimentaire des volailles. « L’idée a émergé il y a plus de dix ans. Nous avons fait une levée de fonds en 2014-2015, et les premières grosses expérimentations d’applications ont démarré en 2019 », relate Élodie Guettier, ingénieure de recherche à l’Inrae.

Jusqu’à huit aliments différents

Les applications potentielles sont multiples. Elles sont nombreuses en sélection génétique (lire l’encadré), mais pas uniquement. Une mangeoire peut, par exemple, tester jusqu’à huit aliments différents en même temps. Il est également possible de les utiliser pour étudier l’efficacité et le comportement alimentaire des animaux élevés sur parcours. Une autre application est l’étude du comportement alimentaire en tant que tel : à quelle heure l’animal est-il arrivé ? Quand est-il parti ? Combien de repas prend-il ?…

Grâce aux six automates mis au point par l’équipe de recherche, la consommation et la croissance d’environ 650 animaux peuvent être suivies individuellement.

Léna Hespel

(1) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

(2) Institut technique de l’aviculture.

Une aide pour la sélection génétique

L’automatisation des mesures individuelles de poids corporel et de la consommation alimentaire aidera à réaliser des progrès en sélection génétique. Disposer de l’indice de consommation de chaque animal en conditions réelles est une avancée. Ces données permettront, par exemple, de conserver des animaux robustes aux changements climatiques, ou de faire une sélection plus performante sur l’efficacité alimentaire.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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